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«Arrivé à l’endroit où ça compte, on ne sait plus comment faire»

Daniel Puce n'est pas mécontent du jeu de son FC Saint-Légier, lequel reste cependant scotché à la dernière place. La faute à un certain manque de réalisme.

2e ligue, Interviews - 22 octobre 2016

Daniel Puce n'est pas mécontent du jeu de son FC Saint-Légier, lequel reste cependant scotché à la dernière place. La faute à un certain manque de réalisme.

Daniel Puce arborait un demi-sourire à l’issue de la partie qui opposait ses hommes au FC Concordia (lire ici). D’une part, la satisfaction d’avoir vu un bon Saint-Légier faire bien plus que tenir tête aux Lausannois, de l’autre la frustration de n’avoir pris qu’un seul point. Et puis bien sûr, il y a cette place de lanterne rouge que son équipe ne lâchera pas avant, au moins, le week-end prochain. Après avoir quasiment tout gagné la saison dernière en 3e ligue et atteint le dernier carré de la Coupe Vaudoise, «Saint-Lé» a dû apprendre à perdre à l’échelon supérieur. Cela a déjà été le cas à six reprises en championnat et l’exploit de la Coupe ne sera pas réédité, Chêne Aubonne étant venu s’imposer à Praz-Dagoud mercredi soir, au stade des 16e de finale.

Le talent et le jeu n’ont pas soudainement quitté les hauts de la Riviera cet été pour autant. Et ça, l’ancien joueur du Lausanne-Sports se tue à le répéter à ses joueurs. Entre deux poignées de mains, toujours accompagnées d’un mot sympa avec ses protégés, Daniel Puce a gentiment accepté de revenir sur son arrivée à la tête de la première équipe et de répondre à nos questions.

 

Coach, il y avait mieux à faire ce soir?

À mon avis, oui, on pouvait aller chercher les trois points. On est contents d’un côté, puisqu’on a longtemps été menés au score, mais  on est surtout frustrés de ne pas avoir su faire mieux.

Un problème d’efficacité récurrent?

Disons qu’on a de gros soucis une fois arrivé à l’avant-dernier et au dernier geste. Avant ça, tout va bien, on joue presque parfaitement, on fait ce qu’il faut, mais dès qu’on arrive à l’endroit où ça compte vraiment, on ne sait plus comment faire, on ne trouve pas la solution.

On ne peut pas le cacher, cela s’est quand même un peu vu…

C’est vraiment dommage car, dans le jeu, on est là! Dans le style, ce n’est pas bien différent de ce que propose Concordia, qui doit être l’équipe qui joue le mieux au ballon du groupe. Mais, excusez-moi, ce soir, il ne me semble pas qu’on leur ait laissé beaucoup d’occasions à se mettre sous la dent.

À part le penalty, pas une seule, d’après votre homologue.

C’est la preuve qu’on vaut quelque chose, qu’on n’est pas si mauvais et que cette dernière place est plutôt sévère.

On vous voit prôner un discours ultra-positif, encourager continuellement vos joueurs, toujours avoir un mot sympa à leur égard. C’est de la confiance dont a besoin votre groupe actuellement?

En partie, oui. C’est vraiment une équipe géniale, l’ambiance y est super mais, lorsque vous avez été habitué à tout gagner et que vous commencez à perdre au niveau supérieur, forcément, ce n’est pas évident. Et puis, je pense aussi qu’on a un souci par rapport à la concurrence.

C’est-à-dire?

Par principe, je ne dévoile jamais la composition d’équipe à l’avance, les joueurs sont avertis en arrivant avant le match. Le problème, c’est que quand vous avez seulement quinze joueurs à disposition le Jour J et que vous devez en préserver deux en vue du choc de la II le jour suivant, ça ne laisse pas trop de place à l’incertitude. Quasiment tout le monde est déjà sûr de débuter sur le terrain…

Vos joueurs profitent de la situation?

On ne peut pas le dire comme ça, mais disons qu’ils n’ont pas à lutter pour leur place de titulaire. Donc cela ne contribue pas à faire grimper le niveau de l’équipe. Mais on est en train de travailler pour pallier à ce problème.

De nouveaux joueurs durant l’hiver?

C’est possible, oui. On est en train d’en discuter, en tout cas, mais il nous faut plus de monde, c’est une certitude. Par contre, on ne cherche pas à faire venir des mercenaires. On va avant tout regarder ce qu’on peut faire avec nos juniors et les joueurs d’ici.

Cela suffira pour abandonner la zone dangereuse?

Je suis convaincu qu’on a le potentiel pour faire beaucoup mieux. On a perdu beaucoup de matches, certes, mais, excepté à de très rares occasions, on n’a jamais été largement distancés. Par contre, tant qu’on continuera à s’entraîner aussi peu, cela sera compliqué.

Deux fois par semaine, c’est bien ça?

Tout à fait, et j’ai réussi à négocier pour des séances de deux heures. Mais ça reste peu, surtout qu’on joue tous nos matches à domicile le vendredi soir. Par conséquent, on doit raccourcir l’entraînement du jeudi de 45 minutes, histoire de ne pas s’épuiser. Il nous reste, donc, à peine plus de trois heures par semaine pour travailler tous les aspects que le football comporte.

Vos joueurs seraient prêts à vous suivre et augmenter la charge de travail?

Honnêtement, je l’ignore. C’est également un débat, mais cela me paraît compliqué.

On imagine que les discussions vont aller bon train cet hiver à Praz-Dagoud. Avant ça, il reste deux matches, qu’est-ce qu’on peut vous souhaitez?

De continuer dans cette tendance plutôt positive après le match de ce soir et ce qu’on a vu ces dernières semaines. On va essayer de marquer au moins deux ou trois points, de manière à passer l’hiver un peu plus au chaud, on en est capables. J’ai découvert une super équipe en arrivant ici, maintenant il est temps de la faire gagner.

Une interview réalisée par Florian Vaney

C-Saint-Légier

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