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Bruno Chappuis: «On a vécu trois années magnifiques»

Surprise! Entraîneur du FC Pied du Jura depuis 2013 (pour son deuxième passage), Bruno Chappuis a annoncé mardi à ses joueurs que l'aventure était terminée. Sa situation professionnelle ne lui permet plus d'assumer la lourde tâche que représente la direction d'une équipe de 2e ligue. Il part sur un très bon bilan, avec une équipe très jeune et des objectifs atteints. Interview.

2e ligue, Interviews - 25 mai 2016

Surprise! Entraîneur du FC Pied du Jura depuis 2013 (pour son deuxième passage), Bruno Chappuis a annoncé mardi à ses joueurs que l'aventure était terminée. Sa situation professionnelle ne lui permet plus d'assumer la lourde tâche que représente la direction d'une équipe de 2e ligue. Il part sur un très bon bilan, avec une équipe très jeune et des objectifs atteints. Interview.

Il a d’abord passé trois ans et demi au FC Pied du Jura, obtenant la promotion en 2e ligue. Ensuite, en 2012, il était parti, coupant pendant une saison. Un intérim assuré à Epalinges et il est revenu à Apples, Colombier, Pampigny et Ballens en 2013, passant les trois dernières saisons à la tête du FC Pied du Jura. Son bilan? Une 6e place, une 4e et, peut-être, une 5e cette saison. Mardi soir, il a annoncé à son comité qu’il arrêtait, une information qu’il a confirmé dans la soirée à ses joueurs et à nous mercredi. Jusqu’au bout, Bruno Chappuis fait les choses dans l’ordre.

 

Coach, vous nous apprenez donc que c’est fini!

Oui, c’est pour cela que je vous appelle. Du moment que l’information est officielle, je n’ai aucun problème à ce qu’elle soit diffusée. Il y a tellement de on-dit dans notre football que dire les choses me semble juste.

Pourquoi avoir pris cette décision?

La raison principale, et j’ai envie de dire presque la seule, c’est que ma situation professionnelle évolue. Je suis bientôt  loin chaque semaine pour le boulot. J’ai 100 jours de voyage par année, je crois. Tenez, la semaine prochaine, je pars au Kazakhstan! Je ne peux pas tout faire et il faut que je lève le pied.

Vous faites quoi, déjà?

Je suis dans la négociation de droits télévisuels pour l’Eurovision, en contact avec les Fédérations pour discuter des prix, de la diffusion de leurs compétitions, ce genre de choses…

Ah, sympa! Vous êtes donc dans le sport professionnel à fond!

Oui, c’est un monde passionnant et c’est celui qui me fait vivre. Le foot régional, c’est génial, c’est aussi une partie de ma vie, mais c’est le monde amateur. Bien sûr que c’est sérieux de se voir quatre fois par semaine et qu’on met du coeur dans ce qu’on fait, mais à l’heure de faire le choix, la décision est prise. Evidemment à regrets, parce qu’on vient de vivre trois années formidables à Pied du Jura.

Six ans et demi, non?

Bien sûr, je n’oublie pas mon premier passage. Franchement, je suis content de ce qu’on a fait et de tout ce qu’on a pu construire sur le plan humain. A notre niveau, tout dépend de ça. Je suis fier des résultats de cette équipe, qui a toujours fini dans le haut du tableau en jouant à 90% avec des gens du club. Le tout avec une ambiance formidable. C’est un club génial.

Comment ont réagi vos joueurs? Ils ont été surpris?

Un peu, je pense. Il faudrait le leur demander, mais j’ai voulu le dire maintenant, afin que tout le monde puisse passer une bonne fin de saison et que le club trouve mon successeur. Comme je vous le disais au début, les choses sont claires.

Les joueurs perdent un entraîneur qu’ils apprécient…

Certains oui, certains sans doute moins. Comme partout! Après, je pense qu’il est aussi bon pour eux qu’ils voient autre chose. Pour certains, ils auront passé six ans et demi avec moi, c’est-à-dire une grande partie de leur carrière. C’est bien aussi qu’ils voient un autre entraîneur, d’autres méthodes.

Si on comprend bien, vous arrêtez pour souffler un peu?

Non, pas forcément. Je ne suis pas fatigué, mais disons que je ne peux pas tout faire, comme je vous l’ai expliqué. Ah, j’ai oublié de vous le préciser, je compte profiter de cette année pour faire mon diplôme A. Voilà, comme ça, vous savez tout.

Mais du coup, vous comptez rester au club, dans un rôle à définir?

C’est possible, oui. C’est mon souhait, en tout cas, et on a déjà commencé à discuter, mais rien n’est fait. Il faut que cela convienne aux deux parties, c’est-à-dire au club et à moi. Mais l’envie est là.

Donc, en 2016-2017, Bruno Chappuis restera au FC Pied du Jura dans un rôle plus en retrait, travaillera comme un fou et obtiendra son diplôme A?

Votre scénario me convient bien (rires). Mais vous savez, tout peut aller vite dans le football.

Si vous faites le diplôme A, avec votre parcours au Lausanne-Sport en étant jeune, c’est bien pour entraîner à plus haut niveau, non? Ou pour intégrer l’encadrement d’un club professionnel?

Par exemple… Je ne vois pas aussi loin, pour tout vous dire, mais oui, si je fais mon diplôme A, c’est pour qu’il me soit utile.

Bon, on revient au FC Pied du Jura. Quel souvenir allez-vous garder de ces six ans et demi? La finale de Coupe? La régularité en haut du classement? 

Bon, ça ce sont des résultats… Je vais me répéter, mais ce que je vais retenir, c’est toute l’ambiance qu’il y a autour de ce club formidable. J’ai évidemment une pensée pour mon staff, mon adjoint Pierre-Alain Girard et Nicolas Jotterand, l’entraîneur des gardiens, mais aussi pour tous les joueurs. Quand je vois un gars comme Michaël Martinez, avec son âge et sa carrière, venir tout le deuxième tour à l’entraînement alors qu’il vient d’avoir un enfant… C’est admirable et cela résume bien ce club. Même si finalement je ne peux pas y rester d’une manière ou d’une autre, j’en serai le premier supporter.

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