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Echichens sauve sa place en 2e ligue inter après 90 minutes de tension

Il fallait un point au FCE pour s'en sortir à coup sûr ce samedi face à Farvagny: les joueurs d'Alain Gendron l'ont obtenu au forceps, avec un 2-2 tout à fait mérité. Il n'y a pas eu de grand football au Grand-Record, malgré les deux buts de Gaëtan Girardet et de Srdjan Aksic, mais l'essentiel est ailleurs: Echichens est maintenu en 2e ligue inter!

2e ligue inter - 4 juin 2016

Il fallait un point au FCE pour s'en sortir à coup sûr ce samedi face à Farvagny: les joueurs d'Alain Gendron l'ont obtenu au forceps, avec un 2-2 tout à fait mérité. Il n'y a pas eu de grand football au Grand-Record, malgré les deux buts de Gaëtan Girardet et de Srdjan Aksic, mais l'essentiel est ailleurs: Echichens est maintenu en 2e ligue inter!

Malheur au vaincu! Tout était clair dans cette confrontation directe, celle de la peur, entre Echichens et Farvagny/Ogoz ce samedi. Sauf miracle, le perdant était relégué. Et s’il y avait match nul, Farvagny était relégué. Ainsi, la tension, logique, a régné dès les premiers duels. Cette nervosité s’est fortement faite ressentir durant la rencontre. Très peu de gestes techniques épiques dans une partie, qui, bien que disputée et virile, s’est jouée dans un fair-play exemplaire. Un match durant lequel les occasions ont été une denrée rare, voire presque famélique. Au final, c’est au forceps que le FC Echichens a sauvé sa peau dans sa nouvelle catégorie de jeu. Un maintien légitimé par des performances de choix qui confirment la constante progression démontrée par l’équipe des hauts de Morges depuis qu’Alain Gendron a repris les rênes de la jeune formation vaudoise. Dans l’ordre? Maintien en 2e ligue, promotion en 2e ligue inter, maintien en 2e ligue inter!

Echichens persiste et signe, il est bien à sa place en 2e ligue inter

Le match n’a jamais atteint des sommets techniques inégalés, on l’a dit, mais sur un terrain rendu gras par le temps exécrable de ce début de juin et un enjeu tel que celui de ce samedi, on ne pouvait pas demander, en plus, aux 22 acteurs présents sur la pelouse du Grand-Record d’appâter les spectateurs par des virevoltants sombreros ou des alléchants râteaux et passements de jambe. L’important était ailleurs, l’essentiel est sauf: aucune équipe vaudoise de ce groupe 2 ne se retrouve du mauvais côté de la barre. Notre fierté verte et blanche n’est donc pas entamée. Les futurs adversaires des Echichannais se méfieront désormais et sauront à quoi s’attendre lorsqu’ils rencontreront Fabrice De Benedictis et ses valeureux coéquipiers: ils sont désormais une véritable équipe de 2e ligue inter.

Une opposition saine malgré la tension

A peine avait-on pu s’installer au Grand-Record que les locaux ouvraient le score. 1-0, perte de balle adverse consécutive à une touche et une action d’attaque rondement menée et conclue par un but d’école de Gaëtan Girardet (1-0, 7e). Le FC Echichens a donc vite montré les crocs et placé son adversaire dos au mur. Le FC Farvagny/Ogoz n’avait, en effet, pas le choix, il se devait de l’emporter ici en terre vaudoise pour être certain de sauver sa place dans cette catégorie de jeu. Ayant le même nombre de points que le FCE mais des points fair-play nettement en leur défaveur, les « Jaune et Noir » ne pouvaient pas calculer. La tâche, déjà difficile au prime abord, devenait sensiblement plus ardue encore dès la 7e minute.

Hésitants et empruntés durant les 20 premières minutes, les Fribourgeois sont petit à petit entrés dans leur match et même sans se créer de réelles chances de buts, on sentait le danger se rapprocher de la cage d’Olivier d’Andrea. En face, les « Bleu-Blanc » tentaient de manœuvrer comme ils savent si bien le faire, mais le ballon ne circulait que trop rarement de manière fluide entre les différents blocs mis en place. Malgré la générosité affichée par Mirsad Sakiri sur son flanc gauche, ou encore Samuel Cardoso sur son aile, les hommes d’Alain Gendron n’ont que très rarement réussi à se montrer véritablement dangereux et incisifs devant. La bonne nouvelle pour eux, c’est qu’en face, les chances de buts n’ont pas plus non affolé les statistiques de la partie.

Une fin de mi-temps endiablée

De la 35e minute à la 45e, le match a cependant pris des tournures inattendues et les buts ont alors volé. Les visiteurs ont égalisé logiquement grâce à un débordement efficace de la gauche signé Ramqaj et la balle qui arrive sur les pieds du grand centre avant fribourgeois, Cutunic. Laissé seul aux six mètres, le Croate profite de l’aubaine (35e, 1-1). Alors que Farvagny s’était (enfin) mis dans le match et pressait son adversaire, deux de ses défenseurs ont offert un cadeau inattendu aux joueurs et supporters locaux. Pris de court et hésitants, ils se sont faits, très naïvement, brûler la politesse dans une zone du terrain peu propice à de telles largesses. La charnière défensive du club visiteur s’est faite berner chichement par Srdjan Aksic qui a flairé le bon coup en se faufilant entre deux adversaires et ne s’est pas fait prier pour glisser tranquillement le ballon dans les cages du gardien adverse (42e, 2-1). Un but opportuniste comme en marque un véritable renard des surfaces. Le coup est rude, les joueurs fribourgeois reçoivent un coup de massue sur la tête sans que leur hôte du jour ne l’ait vraiment cherché ou provoqué. Quelques instants plus tard, superbe mouvement collectif échichannais sur le côté gauche conclu par un centre en retrait intelligent sur Fabrice De Benedictis, qui un peu désarçonné et pas suffisamment coordonné dans l’axe du ballon, n’a pu ajuster sa frappe comme il l’aurait voulu (43e).

Mario Cutunic, encore lui

Même assommé par cette mésaventure, on notera qu’un Fribourgeois garde toujours la tête froide, dure et résistante. Juste avant la mi-temps, une légère faute d’un défenseur bleu et blanc, qui rudoie un peu trop brusquement l’épaule de son vis-à-vis selon l’arbitre, conduit l’arbitre à désigner le point de pénalty, sans aucune hésitation. Le bombardier Cutunic ne rate pas la cible (2-2, 45e) et les deux équipes rentrent aux vestiaires sur un score de parité. La physionomie du match est claire, Farvagny engage fièrement et virilement les duels, Echichens tente de réagir en jouant avec ce qui a fait sa force jusqu’à présent, sa jouerie et ses qualités de collectif parfaitement rôdé. Match équilibré avec une légère domination des visiteurs qui n’ont de toute manière pas le choix et ne peuvent pas se contenter d’attendre.

Le kick’n’rush à l’honneur

Dès le début de la seconde période, les coéquipiers d’Ali Ramdan mettent le pied sur l’accélérateur pour mettre à mal la défense adverse. Cependant, au fil des minutes, la tension, palpable, commence à se faire sensiblement sentir dans l’esprit et les pieds des 22 acteurs. Quasiment aucune occasion de but à se mettre sous la dent, des duels au milieu de terrain qui annihilent les velléités offensives et mettent à mal la progression des deux équipes vers leurs buts respectifs. Puis, plus la fin du match approchait, plus les adeptes du fameux kick’n’rush ont été gâtés. Entre les longs ballons balancés devant par les défenseurs fribourgeois et les dégagements des joueurs locaux pour éloigner le danger, le match change et se déroule sur le schéma binaire typique qui a fait la légende du football britannique dans les années 70 et 80. Plus personne ne songeait à tenter de construire une quelconque action élaborée. En même temps, quand on joue sa survie, son maintien et qu’on doit défendre un résultat, on ne badine pas avec l’esthétique, on assure l’essentiel car on n’est jamais loin du ballon qui traîne dans les seize mètres et qui finit malencontreusement dans les filets du gardien.

Olivier D’Andrea teste les nerfs de son public

En parlant de portier, Olivier d’Andrea a voulu mettre à rude épreuve les cœurs des plus assidus supporters de son club. Sur un coup franc un peu long botté depuis la droite, ses gants habituellement fermes se sont soudain transformés en savonnettes avec un ballon devenu glissant qui est passé entre ses mains. Heureusement, le corner qui a suivi n’a rien donné et on a pu tester, ainsi, si les nerfs du public local étaient fragiles ou sereins… Malgré deux dernières occasions visiteuses, dans lesquelles le FC Farvagny/Ogoz va tenter, un peu tard, de lancer ses ultimes forces dans la bataille, le score n’a pas bougé.

Du chasselas dans les veines

Le FC Echichens pouvait alors jubiler, ses spectateurs exulter et déverser les litres de chasselas bien mérités. Le kop local du même nom, sous l’égide hurlante de son inspirateur en chef, a entraîné la déferlante bleue et blanche vers le maintien. Un kop qui a, d’ailleurs, eu grand besoin de rafraîchir ses saillantes cordes vocales usées jusqu’à la fin du match par un soutien continu, bruyant et énergique. En même temps que Thierrens (lire ici), Echichens préserve donc sa place dans ce groupe 2. Et ce n’est pas pour nous déplaire.

Fc Echichens vs Fc Concordia 1-0

Les hommes du match

Une mention particulière pour la charnière défensive échichannaise et notamment son capitaine, Joël Reinhard qui aura montré à ses coéquipiers l’abnégation, l’attention et la concentration nécessaires à avoir dans des matches couperets comme l’était cette ultime rencontre. Toujours ou souvent bien placé, d’une concentration sans faille, il a mené de pied de maître la défense de son équipe. On peut nommer également le jeune, vif et très technique Samuel Cardoso à qui il manque encore d’être plus décisif et plus solide dans les duels. L’ailier local a montré sur quelques accélérations que le foot et lui ne faisaient qu’un. Reste à améliorer ses aptitudes défensives et muscler son jeu.

Un compte-rendu de Julien Marchionno

FC Echichens – FC Farvagny/Ogoz 2-2 (2-2)

Buts: 7e Girardet 1-0; 21e Cutunic 1-1; 42e Aksic 2-1; 45e Cutunic, pen. 2-2.

Arbitres: M. Nelson Dos Santos, assisté de M. Sergio Durandin et de M. Kewku Mawududzi Ghartey.

Echichens: D’Andrea; Demircan, Gfeller, Reinhard, Sakiri; Girardet, Rapin, De Benedictis, S. Cardoso; Ramdan, Aksic.

Entraîneur: Alain Gendron

Le Grand-Record, 350 spectateurs.

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