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Eren Sahingöz, à La Sarraz pour grandir

Prêté par Stade-Lausanne à La Sarraz-Eclépens, le gardien de 21 ans brille en ce début de saison. Interview.

2e ligue inter - 28 septembre 2016

Prêté par Stade-Lausanne à La Sarraz-Eclépens, le gardien de 21 ans brille en ce début de saison. Interview.

Il était apprécié à Vidy, Eren Sahingöz. Après avoir fait ses preuves en B inter avec Stade-Lausanne-Ouchy, il a été promu en deuxième équipe, puis en première. Une ascension maîtrisée pour ce portier de talent, mais la concurrence est rude dans le onze d’Andrea Binotto et Robin Enrico est un titulaire plus que crédible pour une équipe de pointe de 1re ligue. Alors, plutôt que de rester assis sur le banc, le blond Eren s’en est allé, en prêt bien sûr, du côté de La Sarraz-Eclépens.

Néo-promu en 1re ligue, La Sarraz avait besoin d’un titulaire après le départ de Damien Djuric à Nyon. Il y a eu des discussions avec Kevin Bally, mais Jean-Philippe Karlen a tout de suite apprécié le profil de Sahingöz, après une simple discussion avec lui. Le garçon s’est montré convaincant dans son discours et il l’est tout autant sur le terrain, étant l’une des raisons du bon début de saison de La Sarraz (7e, 11 points en 8 matches). Alors, après la  dernière victoire en date, à Carouge (1-2), on a fait le point avec le jeune portier. Interview.

 

Eren, La Sarraz-Eclépens qui va gagner à Carouge, alors qu’il y avait deux ligues d’écart il y a quelques semaines, voilà qui a de l’allure…

C’est pas mal, hein? J’ai passé un très bon week-end après ça, il y a une vraie fierté. Surtout que Carouge est une très belle équipe, qui mérite bien plus que son classement. Ils ne vont pas rester longtemps à cette dernière place, je pense.

Vous avez sept points d’avance sur la barre maintenant. Vous regardez encore derrière?

Bien sûr, c’est logique. Guin qui gagne contre Stade-Lausanne, ce n’est pas une bonne nouvelle pour nous. On vise le maintien, rien d’autre.

Pour l’instant, vous faites bien mieux…

Et j’en suis super-content. Je dois dire que tout se passe plutôt bien. Vous savez, j’appréhendais un peu cette arrivée à La Sarraz, mais je suis surpris en bien.

Vraiment, vous aviez peur?

Pas forcément d’arriver à La Sarraz, mais quitter Stade-Lausanne, même temporairement, cela n’a pas été facile. Forcément, vous quittez un environnement que vous connaissez parfaitement pour arriver dans l’inconnu… Ce n’est pas très confortable et oui, j’avais une petite appréhension, c’est le bon mot. A Stade-Lausanne, on jouait les finales de promotion et là je débarque chez le néo-promu, qui n’a pas les mêmes objectifs, donc c’est normal de se poser des questions. Il y a le vestiaire aussi. A Stade, c’est tellement bien de ce côté-là, l’ambiance est tellement parfaite, que je ne savais pas à quoi m’attendre. Et je suis surpris en bien.

Vraiment?

Oui.

Pourtant, on était là à votre premier entraînement. Le terrain n’était pas tondu, il y avait tous ces joueurs en test…

Oui, oui, je m’en rappelle très bien (rires). En plus, c’était la première fois que je venais à La Sarraz, donc c’est clair que ça m’a interpellé, je me suis demandé si c’était toujours comme ça. A Vidy, il y a des billards dans tous les coins, même pour s’entraîner, et là quand on m’a dit qu’on était sur le terrain principal, j’ai eu un peu peur (rires). Mais j’ai vite été rassuré et d’ailleurs on a joué quelques jours après face à Bavois et il était magnifique. C’était vraiment anecdotique et ça ne m’a pas pris la tête, mais c’est vrai que cela a été une entrée en matière dont je vais me rappeler!

Stade et La Sarraz, ce sont deux mondes différents…

Oui, mais cela reste du football et de bon niveau. Et puis, les gens sont exceptionnels ici, je n’ai pas peur de le dire. C’est un club de campagne, c’est clair, et cela se ressent dans les valeurs du club, dans les discussions avec les gens. Le président, le vice-président, et tous les gens qui bossent, ce sont des gens géniaux. Ils ont un attachement sincère et profond envers leur club et cela se ressent au quotidien. Là aussi, j’appréhendais un peu, et puis je me suis très vite senti très à l’aise. Ce côté familial, sympa, il amène du monde au match et il permet de travailler sereinement. La Sarraz, par rapport à Stade, c’est un petit club, c’est sûr, mais ici, on va manger chez le président avant chaque match, c’est vraiment sympa. En fait, ils compensent le manque d’infrastructures et de moyens par le côté humain. Et la compétence footballistique.

Et puis, pour vous, c’est parfait, parce qu’un gardien a plus de boulot à La Sarraz qu’à Stade-Lausanne!

Ah ça, c’est sûr. A Stade, vous jouez derrière un défenseur qui a joué en Super League et l’autre en Challenge League. A La Sarraz, ce sont des jeunes sans expérience comme moi. Alors forcément, j’ai plus l’occasion de me mettre en valeur, c’est parfait (rires)!

Surtout que La Sarraz gagne et joue bien depuis le début de saison, non?

Je ne dirais pas qu’on joue bien…

Ah non?

Non. Là aussi, on compense. On n’est pas la plus belle équipe à voir jouer en 1re ligue, mais on se bat et on fait des points. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on ne mise pas sur des individualités, parce qu’on n’a pas celles qui permettent de faire la différence en 1re ligue et je m’inclus bien évidemment là-dedans. Ce qui fait notre force, c’est l’équipe avant tout. Si on oublie ça, on est morts.

Mais pour l’instant, ça fonctionne.

Oui et c’est parfait. On a une équipe très jeune et qui progresse chaque semaine. Et c’est comme ça qu’on va essayer de rester en 1re ligue.

Vous n’avez que 21 ans, vous faites un gros début de saison. Etes-vous ambitieux?

Je crois que je le suis, oui. J’ai envie de voir jusqu’où je peux aller, mais pour l’instant, je mène mes études en parallèle. Je suis actuellement en double passerelle, pour passer de la maturité gymnasiale à l’Université. On verra où ça me mène, mais faire quelque chose de bien dans le football, je ne suis pas contre.

Si on parle de La Sarraz-Eclépens, on doit vous parler de Jean-Philippe Karlen. Que vous apporte-t-il?

Déjà, la première chose, c’est que je le remercie énormément de m’avoir fait confiance. J’avais 10 matches en 1re ligue, aucune référence, et il m’a donné le poste alors qu’il savait lui-même que ça n’allait pas être une année facile. Il aurait pu choisir une valeur sûre et il a décidé de donner sa chance à un jeune. Alors déjà, je lui dis merci et ma manière de le faire c’est d’être bon sur le terrain.

Mais encore?

Non, mais c’est un coach exceptionnel. Il est hyper-proche des joueurs, que ce soit pour complimenter ou critiquer, et ce que j’aime chez lui, c’est qu’il est à fond. Il s’implique énormément, il prépare les matches et ça donne envie de le suivre. Il n’est pas dans la retenue. Vraiment pas, même!

Ah, et pour finir, vous êtes Besiktas, Galatasaray ou Fenerbahçe?

Fener! Je vous conseille vraiment d’aller voir un match à Şükrü Saraçoğlu, l’ambiance c’est le top.

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