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Le FC Orbe va vivre un printemps passionnant

Bruno Gomes (33 ans) a accepté le défi -compliqué- de s'occuper simultanément de la première et de la deuxième équipe du FC Orbe lors de ce deuxième tour! L'ancien défenseur central s'est fixé une double mission: maintenir la I en 2e ligue et faire monter la II en 3e ligue. Autant dire qu'il va s'engager au maximum au Puisoir dans les mois à venir, bien aidé par un staff renforcé. L'espoir est revenu au FCO.

2e ligue, 4e ligue - 10 mars 2016

Bruno Gomes (33 ans) a accepté le défi -compliqué- de s'occuper simultanément de la première et de la deuxième équipe du FC Orbe lors de ce deuxième tour! L'ancien défenseur central s'est fixé une double mission: maintenir la I en 2e ligue et faire monter la II en 3e ligue. Autant dire qu'il va s'engager au maximum au Puisoir dans les mois à venir, bien aidé par un staff renforcé. L'espoir est revenu au FCO.

« Un article sur nous? Non, s’il-vous-plâit. Laissez-nous travailler et ne parlez pas de nous. » On aurait aimé faire plaisir à Bruno Gomes et passer sous silence ce qui est en train de se passer au FC Orbe, mais trop de monde nous demande des informations sur le club nord-vaudois pour que l’on accède à sa demande de discrétion. Y aura-t-il une équipe de 2e ligue au Puisoir au deuxième tour? Qui en sera l’entraîneur? « La Région Nord vaudois » avait levé le voile à la fin de l’année 2015, rassurant tout le monde. Oui, le FCO est bel et bien vivant et non, il n’y aura pas un deuxième relégué d’office dans le groupe 2 de 2e ligue. Chavornay a tiré la prise, on le sait, et il aurait été dommage que son grand voisin en fasse de même. La rumeur a couru, cependant, et la crise semblait profonde au Puisoir. Heureusement, la situation s’est réglée, notamment sous l’impulsion de Bruno Gomes.

Le premier tour parfait de la II: 10 sur 10!

Âgé de 33 ans et ancien défenseur central de la première équipe, le Portugais s’occupe de la II avec bonheur depuis quelques saisons. Apprécié de ses joueurs, ce jeune technicien a un certain charisme et, surtout, des résultats. Sous sa direction, la II a même effectué le carton plein en 4e ligue lors du premier tour: 10 matches, 10 victoires! Les finales sont donc quasiment acquises et il aurait largement pu continuer à s’occuper exclusivement de son équipe, sans regarder au dessus de lui. La situation de la I, dernière en 2e ligue (trois points en douze matches) a cependant interpellé ce véritable clubiste.

Mario Astolfi et Orbe: mariage raté

La I vivait en effet une crise profonde, dont Mario Astolfi ne s’est pas rendu compte en signant. L’ancien technicien de Saint-Prex est arrivé en cours de saison au Puisoir et une anecdote en dit long sur sa mission. Bruno Gomes s’explique: « En fait, on en sourit aujourd’hui, mais c’est un peu triste quand même. Quand il est arrivé la première fois, il a regardé un moment l’entraînement depuis sa voiture. Le lendemain, la présidente est venue lui parler et il a dit spontanément qu’il y avait beaucoup de monde à l’entraînement et qu’il allait pouvoir bien travailler, vu le nombre de joueurs présents. La présidente alors dû lui dire que ce qu’il regardait, c’était l’entraînement de la deuxième équipe et que la première équipe était un peu plus loin. Ils devaient être 7 ou 8 ce soir-là… » La tâche était compliquée pour Mario Astolfi, qui s’en est allé cet hiver après une séance un peu houleuse avec les joueurs et des membres du comité. Bref, mariage raté.

Bruno Gomes entraînera les deux équipes

S’est alors posée la question ultime: que faire avec cette première équipe? Le comité a craint de nombreux départs, dans la lignée de ce qui s’est passé à l’été. Alors, purement et simplement la retirer? Cela a été envisagé, mais une autre solution, bien plus réjouissante, s’est profilée: profiter du formidable réservoir de la II. Après quelques discussions, Bruno Gomes a accepté d’entraîner les deux équipes, avec une double mission pas évidente, mais très excitante. « Mon objectif, c’est clairement d’avoir une équipe en 2e ligue et une en 3e ligue la saison prochaine », explique le jeune technicien. En clair, sauver la I et faire monter la II.

Un entraînement en commun sur deux

Autant le dire, le printemps s’annonce chargé au Puisoir, mais un nouveau vent d’optimisme semble souffler dans le Nord vaudois. « Il était important que je puisse m’entourer d’un staff nombreux et motivé. De ce point de vue, je suis très content, puisqu’on sera six pour superviser les deux équipes », continue Bruno Gomes. Dingue de football, il va se concentrer à fond sur son double objectif ce printemps, mais ne va tout de même pas passer ses soirées au terrain. « En fait, durant le championnat, on va s’entraîner ensemble le mardi. Et le jeudi, on va diviser le groupe en deux, et moi je passerai de l’un à l’autre pour superviser tout ça. Le fait d’avoir un staff nombreux me permet d’agir ainsi. » De combien dispose-t-il actuellement? « A chaque entraînement, on est entre 30 et 35, donc tout va bien. On a largement de quoi faire deux équipes compétitives. »

Un grand tableau accroché au mur pour être sûr de compter juste

Ainsi, il y aura quand même deux groupes bien séparés. « Ah oui, c’est sûr. Il y aura deux équipes même si, bien sûr, il y aura des synergies faciles à mettre en place. Mais chaque effectif aura son objectif », poursuit l’entraîneur des deux formations. Ne craint-il pas de s’embrouiller un peu dans ses chiffres et de « griller » certains de ses éléments pour les trois derniers matches et les finales? « On y a pensé, figurez-vous! Dans notre bureau en dessus de la buvette, on a fait un grand tableau où le nom de chaque joueur est inscrit, avec des cases pour chaque match. Ainsi, on saura exactement avant chaque partie qui a joué combien de matches au niveau supérieur ». Si les adversaires de la II comptaient sur un éventuel forfait pour un joueur ayant disputé trop de matches en 2e ligue, ils devraient pouvoir s’éviter un protêt et des vérifications fastidieuses. « Mais bon, on peut toujours se planter », sourit Bruno Gomes, qui sait pertinemment que ça n’arrivera pas.

Un jeune entraîneur en devenir

Comment aborde-t-il ce deuxième tour, d’ailleurs, lui l’enthousiaste jeune entraîneur? La réponse fuse. « Comme un sacré défi, qu’on se réjouit de relever, pour le bien du FC Orbe. Et sur le plan personnel, bien sûr que c’est intéressant et stimulant pour moi, qui débute dans cette nouvelle fonction d’entraîneur », explique celui qui est détenteur du diplôme C et est inscrit pour le C+ cette année. Se voit-il aller plus loin? « J’aimerais bien, oui. Aussi loin que je peux, disons, à notre échelle. Je n’ai pas de grands rêves, mais faire un bout de chemin comme entraîneur me plairait bien. En plus, je trouve qu’on a de la chance dans le canton de Vaud, la formation est vraiment de qualité. J’entends des fois certains aller aux cours en traînant les pieds, mais franchement, c’est passionnant ce qu’on apprend à Echallens, j’ai du plaisir à y aller. »

Une surprise dès le premier match face à Grandson?

Voilà pour l’avenir à moyen ou long terme, mais le court terme a un nom: le maintien en 2e ligue et la promotion en 3e ligue, on l’a compris. Bruno Gomes est-il confiant dans la réussite de ces deux missions? « Bien sûr. La II a dix points d’avance, ce n’est quand même pas rien, et, même si je me méfie bien évidemment, je pense qu’on peut aller chercher ces finales. Rances est toujours là, malgré les événements de cet hiver, Montcherand s’est renforcé et Cossonay est très fort. Cela fait trois concurrents redoutables, mais j’y crois. » Et pour la I? « Je suis tout aussi confiant! Déjà, il y a eu quelques départs, mais nous avons aussi des joueurs qui sont revenus, dont Amine Karam et Mansour Belhadi. On aura un bel effectif et je pense qu’on va faire des points. Et pourquoi pas dès le premier match? On reçoit Grandson, le leader. Ils sont favoris, ils nous ont battu largement à l’aller, mais ce serait un signal très fort à envoyer à tout le monde, non? » Ce sera le dimanche 20 mars à 15h et le FCGT est prévenu: le FC Orbe a retrouvé l’espoir. Et vu la situation de la première équipe au mois de novembre, c’est déjà beaucoup.

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