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Genolier-Begnins, l’état d’esprit qui fait la différence

Les Canaris se sont imposés 1-2 à Vallorbe mercredi, grâce à leur buteur Julien Jemmely, auteur d'un doublé, mais surtout grâce à leur collectif.

2e ligue inter - 6 octobre 2016

Les Canaris se sont imposés 1-2 à Vallorbe mercredi, grâce à leur buteur Julien Jemmely, auteur d'un doublé, mais surtout grâce à leur collectif.

«Je ne sais pas vous, mais je vois bien Lorenzo Mancuso réussir quelque chose de grand. À mon avis, c’est son soir!» Croisé dans la tribune du stade Prés-sous-Ville peu avant le début des hostilités, le président de Genolier-Begnins, William Rochat, était d’humeur joyeuse mercredi, malgré la défaite des siens à Richemond cinq jours plus tôt (lire ici), et aurait bien mis une piécette sur l’ailier droit de sa première équipe comme homme du match et principal détracteur du FC Vallorbe-Ballaigues. Raté, puisqu’il faudra encore attendre avant d’assister au premier but de l’ancien buteur du FC Gland en jaune et vert.

Pour tomber juste et avoir le bon pari, le nouveau boss de «GB» aurait dû miser où il était sûr de ne pas se tromper, légèrement plus à gauche sur le terrain, un peu plus haut, aussi. Puisque, comme si souvent dans ce genre de situations délicates, c’est des pieds du grand Julien Jemmely qu’est venue la solution. En marquant à deux reprises, dont une seconde réussite stratosphérique, l’immense buteur a régné sur ce choc des néo-promus, pour le plus grand regret d’un Val-Bal qui risque de repenser encore quelque temps à ses multiples occasions manquées.

Mamadou Cisse aurait pu donner une autre tournure à ce match

Menés 0-1 dès la 32e, suite à une réussite «made in Jemmely’s brothers», les hommes de Jean-Yves Bonnard garderont en tête les quatre énormes possibilités offertes à Mamadou Cisse qui s’en sont suivies. Une déviation au premier poteau sur un centre d’Aurélien Trarbach, un puissant tir un peu trop décentré une poignée de secondes plus tard, ainsi que deux face à face où Kevin Bally a su se montrer le plus patient pour prendre le dessus sur l’attaquant français. Cela fait beaucoup, même pour un buteur de la trempe de Mamadou Cisse et même pour une équipe comme Val-Bal, à qui rien ne semble pouvoir arriver depuis plus de deux ans. D’autant plus qu’on recense ces quatre opportunités sur une durée d’à peine plus de vingt minutes, à cheval sur les deux périodes.

Jean-Yves Bonnard: «C’est la grande différence avant la 2e ligue»

Et si Genolier-Begnins s’est imposé grâce à son état d’esprit, comme d’habitude irréprochable, et la classe de son Wapiti des surfaces, on peut aussi dire que les pensionnaires des Prés-sous-Ville se sont tirés une balle dans le pied en manquant clairement de réalisme tout au long de la partie. «C’est la grande différence avec la 2e ligue, grimaçait Jean-Yves Bonnard. Que ce soit la saison dernière ou celle d’avant, on avait beau laisser filer le train, on trouvait toujours un moyen de le rattraper. On avait toujours une fenêtre où l’adversaire craquait et durant laquelle il nous était possible de faire la différence. Forcément, cela arrive nettement moins souvent en 2e ligue inter, et on n’a pas le droit de gâcher les occasions qui se présentent à nous, sous peine de le payer à la fin du match».

Un doublé qui vaut de l’or pour «JJ»

L’addition, c’est Julien Jemmely en personne qui s’est chargé de venir la leur apporter. Après avoir profité de la bonne ouverture de son frère, Greg, pour partir seul affronter et battre Kamal Kayna, ce qui concrétisait assez justement la bonne entame de match des visiteurs, c’est vrai que le grand numéro 20 et ses camarades ont souffert et ont, il faut le dire, été dominés par un Val-Bal plus entreprenant et à l’aise dans le jeu. Mais si «GB» n’a pas le jeu le plus posé de sa catégorie, difficile, cependant, de régater avec les Jaunes et Verts au rayon de la verticalité. Le danger, c’est simple, peut arriver à tout moment, que le ballon se trouve dans les pieds de Kevin Bally à l’autre bout du terrain ou… dans les bras d’Anthony Provenzale. Une touche de ce dernier, que Marc Studer s’est vu contraint de reculer latéral, faute d’avoir toute sa défense à disposition, un contrôle de la poitrine de «JJ», quasiment dos au but, une reprise enchaînée juste sous la barre. Stratosphérique, c’est bien le terme, et cela faisait 0-2, au plus fort de la pression vallorbienne (59e).

Genolier-Begnins a fait le déplacement à 13

Et si on ne peut cacher que le buteur des Canaris a, encore une fois, fait pencher la balance du côté des siens, il est impossible de minimiser la performance d’équipe des hommes de Marc Studer. Ayant fait le déplacement de Vallorbe à treize, avec onze joueurs de la I ainsi que l’appui de Florian Monnier et de Michael Mariotti, en provenance de la II, ceux-ci ont su, comme si souvent, faire parler leurs qualités de groupe et leur état d’esprit, dont la réputation n’est plus à faire, pour ramener trois points sur La Côte. Comme quoi, même un mercredi soir, à une heure de la maison, avec un effectif légèrement remanié et la possibilité de ne faire que deux changements, après un non-match cinq jours plus tôt à Richemond, «GB» est capable de se sortir de toutes les situations.

Kevin Bally est presque devenu indiscutable

Cette une nouveauté cette saison, puisqu’il est arrivé au club cet été, mais à chaque fois que les Canaris réussissent un gros coup, Kevin Bally n’est jamais très loin. Il partait sur un pied d’égalité avec Joakim Elmer, titulaire indiscutable la saison dernière, et Marc Studer a opté pour le changement en faisant confiance à son nouvel arrivé pour défendre ses cages. Le meilleur choix? Ce qui est certain, c’est que Kevin Bally remplit à merveille sa mission depuis bientôt deux mois. «Joakim a été parfois absent en début de saison, pour de très bonnes raisons, donc le coach a décidé de faire appel à moi. Je sais que ça ne doit pas être facile pour lui, après avoir joué tous les matches la saison dernière, mais il n’y a aucune animosité entre nous. Et puis, il est juste derrière moi, je sais que je vais devoir lutter pour garder ma place», expliquait le dernier rempart.

«Une victoire obtenue à onze, à la «GB»»

Et si on ne peut que souhaiter à Joakim Elmer de retrouver sa place dans le onze de Marc Studer, force est de constater que cela s’annonce très compliqué de devancer Kevin Bally, qui enchaîne les performances de grande classe. Cela avait le cas face au Stade Payerne, il y a dix jours, et il a, de nouveau, fait le malheur de l’avant-garde adverse. Il n’a pas tremblé au moment où Mamadou Cisse s’est avancé devant lui, comme face à n’importe lequel des attaquants de Val-Bal, en plus de montrer une sérénité impressionnante à la relance et sur certaines balles loin d’être évidentes à gérer. «Il reste deux-trois détails à améliorer, mais, dans l’ensemble, je suis plutôt satisfait, ajoutait le portier concernant sa performance. Et, surtout,il y a de quoi être très content de ce que l’équipe a montré aujourd’hui. On a souffert, on n’a pas montré le plus beau jeu, mais c’est une vraie victoire obtenue à onze, à la «GB»».

Mathieu Pelletey sonne une révolte qui s’est vite éteinte

En fait, la seule hésitation de Bally a coïncidé avec la réduction du score, deux minutes à peine après que Julien Jemmely eut doublé la mise. Le portier visiteur a légèrement anticipé sur une longue touche d’Aurélien Trarbach, avant d’apercevoir les deux grandes tours Jemmely et de reculer. Trop tard, puisque le coup de tête est venu du crâne de Mathieu Pelletey. Le défenseur pouvait sonner la révolte et annoncer une fin de match bouillante. «On était vraiment tout prêt de revenir dans les dix minutes qui ont suivi, réagissait le boss de Val-Bal, mais on n’a pas su garder la même intensité jusqu’à la fin. On aurait voulu que cela dure plus longtemps».

Jean-Yves Bonnard: «On avait peur de Genolier-Begnins»

Bien sûr, Jean-Yves Bonnard était déçu de l’issue du match, puisque que ses joueurs ont bel et bien eu le jeu et les occasions pour faire mieux. Mais «JYB» n’était pas surpris pour autant de ce dénouement: «Pour être honnête, avant de les rencontrer, on avait vraiment peur de Genolier-Begnins. On ne les avait encore jamais affronté et on était conscient de leurs qualités. Ce qu’on en a pensé? Disons qu’on est un peu déçu d’être tombé face à un attaquant qui a, quasiment à lui seul, fait tourner la partie. En tout cas, cela ne nous a pas réconcilié avec le fait de jouer en semaine. C’était déjà un problème en 3e ligue, étant donné que la plupart de nos joueurs travaillent dans le bâtiment et arrivent diminués au match, et ça l’est toujours aujourd’hui».

L’ambiance commence à prendre à Val-Bal

«Si on a coulé au mental? Franchement, non, le problème n’est pas venu de là. Par contre, je suis content que cette défaite, la première de la saison, intervienne maintenant. Il y a encore un mois, on ne l’aurait certainement pas digérée de la même façon qu’aujourd’hui. Forcément, dans une formation qui a beaucoup de qualités, il y a souvent l’ego qui vient avec. Mais l’ambiance commence vraiment à prendre dans le vestiaire et une très bonne atmosphère est en train de se créer. C’est toujours un peu plus compliqué lorsqu’on perd des points, mais, de façon plus ou moins bête, ce n’est pas la première fois que cela nous arrive durant cet exercice», conclut Jean-Yves Bonnard. Heureusement pour la concurrence que Val-Bal ne peut pas, en plus de tout le reste, compter sur un réalisme paré à toutes épreuves à chaque match. Sinon, il faudrait bien plus que le formidable collectif de Genolier-Begnins pour en venir à bout.

Un compte-rendu de Florian Vaney

Le plan-fixe

Stade Prés-Sous-Ville, Vallorbe

FC Vallorbe-Ballaigues

1

62e Pelletey 1-2

Kayna;
Alyouy, Pelletey, Riss, Trarbach;
Bouhila, Etonde;
S. Tahri (62 K. Tahri), Brouki (79e Musco), El Aazaoui;
Cissé
Entraîneur: Jean-Yves Bonnard

FC Genolier-Begnins

2

32e J. Jemmely 0-1

59e J. Jemmely 0-2

Bally;
Bolay, G. Jemmely, Leonel Ribeiro, Moget;
Kissema (76e Mariotti), Vez (86e Monnier), Gervaix;
Mancuso, J. Jemmely, Provenzale;
Entraîneur: Marc Studer
90e, expulsion de Lorenzo Mancuso.

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