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«J’étais déjà en train de préparer le prochain match…»

Luc Lenoir était surpris de voir son équipe menée 0-3 après six minutes face à Colombier samedi. Thierrens est revenu et a arraché un point (5-5!), mais le club joratois a besoin de points. Vite, si possible.

2e ligue inter - 26 octobre 2016

Luc Lenoir était surpris de voir son équipe menée 0-3 après six minutes face à Colombier samedi. Thierrens est revenu et a arraché un point (5-5!), mais le club joratois a besoin de points. Vite, si possible.

Le FC Thierrens avait deux matches importants à disputer ces dernières semaines, à domicile face à Farvagny/Ogoz et Colombier. Deux parties à la maison, face à deux adversaires directs dans la lutte pour le maintien en 2e ligue inter. Le FCT n’a remporté qu’un point lors de ces deux matches, sombrant face à Farvagny (0-2), avant de sauver le nul à la 88e face à Colombier (5-5). Entre les deux, les Joratois sont allés s’incliner 2-1 sur le terrain de Portalban/Gletterens, ce qui était un peu plus attendu. Luc Lenoir, entraîneur du FCT depuis quelques semaines, a accepté de revenir sur ces deux rencontres décevantes. Thierrens, après 11 journées, compte 10 points. Soit un d’avance sur la barre.

 

Coach, on pensait Thierrens capable de prendre mieux qu’un point lors de ces deux matches face à Farvagny et Colombier…

Et moi donc! Ce lundi, je ne savais pas quoi dire aux joueurs en arrivant à l’entraînement. Jusqu’à 16h ou 17h, je me demandais ce que j’allais faire. J’ai même pensé à annuler la séance et à renvoyer tout le monde à la maison. Par respect pour ceux qui avaient fait du trajet, j’ai décidé que l’on irait sur le terrain L’échauffement a été catastrophique. Et puis, les sourires sont revenus et les gars m’ont montré qu’ils avaient envie de jouer au foot. Ca a tourné pendant l’entraînement, tant mieux. Mais ça n’enlève rien à notre début de match face à Colombier…

Racontez-nous ça.

Il y a deux mois, avant que j’arrive. Thierrens était mené 0-4 par Payerne après vingt minutes (lire ici). Déjà, ça, c’était bizarre. Et là, contre Colombier, on est menés 0-3 après six minutes! Six minutes!

Quelle a été votre réaction?

Je n’étais même pas énervé, tellement je n’y croyais pas. Je n’arrivais pas à m’énerver, en fait. On avait fait une bonne semaine d’entraînement, je sentais les gars bien dedans. Je leur avais dit à la théorie, juste avant le match, qu’on devait leur rentrer dedans, qu’on devait montrer ce qu’était Thierrens! Je voulais qu’on leur marche dessus d’entrée. Et puis, il y a ce penalty après une minute de jeu. Thierry Curty en a déjà sorti quelques-uns, donc on croit au miracle. Bon, Colombier marque. 0-1. Deux minutes après, leur avant-centre passe plein axe. 0-2. Et deux minutes après, le 0-3 sur coup-franc, que Thierry laisse échapper, lui qui n’avait pas encore fait de boulette jusque-là. C’était marqué 5 minutes et quelques secondes sur le tableau d’affichage… Moi, je vous dis sincèrement, je préparais déjà le prochain match.

Ah oui?

Je me disais: vu que ça ne sert à rien de faire des théories, mets juste les noms des titulaires au tableau et sors de la pièce. J’avais insisté sur l’esprit qu’on devait avoir, sur le fait qu’on devait être conquérants. Je ne reconnaissais pas Thierrens depuis des semaines. C’est ça, l’Enfer du Jorat? Les adversaires devraient avoir peur de quoi, au juste? Je voulais une réaction, je voulais voir des guerriers, des gars qui donnent le ton du match, qui imposent leur style. Et on prend 0-3 après six minutes.

Mais vous êtes revenus au score.

Oui, à 2-3. Puis à 3-4. Puis à 5-5, à la 88e minute. Il y a quelque chose dans cette équipe, je le sais. En deuxième mi-temps, Colombier a tiré une demi-fois au but, en plus d’avoir marqué une fois. Nous, en plus des deux buts, on a six occasions. Donc, si l’on met de côté ce début de match, on méritait de gagner. Les gars ont fêté ce point et ils ont bien fait. Mais j’attends plus. Et aussi, ils attendent plus. A la mi-temps, j’ai hésité, je vous dis franchement.

C’est-à-dire?

On perdait 3-4. Au delà du côté émotionnel, si on analyse froidement, on n’avait qu’un but de retard. Donc j’ai eu une communication positive: je leur ai dit qu’on allait égaliser et gagner. Je n’avais pas besoin de les assommer avec ces trois buts pris d’entrée, le mal était fait. Et puis, j’ai senti que Guillaume Pasche commençait à être bouillant. Je l’ai laissé parler et je suis sorti du vestiaire. Et même à travers les murs, j’ai entendu qu’il avait explosé. Il a pété les plombs et j’ai trouvé ça très bien. L’équipe avait eu un message positif de ma part et a été placée devant ses responsabilités par un des siens. C’était idéal.

Et là, Thierrens a retrouvé un peu de son esprit…

On peut le dire comme ça. On ne peut pas dire qu’on méritait la victoire. Pas quand on égalise à la 88e. Mais il y a eu du positif quand même, oui.

Mais ces matches-là, à la maison, un soir d’octobre, Thierrens les gagnait ces dernières années…

Et c’est bien ça qui m’inquiète! Vous savez, quand j’étais à Chavornay, à la fin de la saison, on n’était plus que 8 à l’entraînement. Ce n’était pas simple. Mais le week-end, sur le terrain, j’avais une équipe qui s’arrachait pour se sauver, qui posait ses tripes sur le terrain. Je pensais avoir ça à Thierrens, mais je constate, et ça ne me fait pas plaisir, que la solidarité est moins bonne. Et ça, j’avoue, ça m’a surpris. Il faut retrouver ça, retrouver cet esprit. J’y crois. Je veux qu’on y arrive. De toute façon, on n’a pas le choix.

Il vous reste deux matches cette saison. Combien de points visez-vous?

Ce qui est sûr, c’est qu’on doit en faire. Que ce soit ce week-end à Dardania ou celui d’après face à La Tour/Le Pâquier, ce sera très compliqué. Mais on doit impérativement y arriver pour passer un hiver plus serein.

Il y aura des choses à changer à la pause?

Je pense que oui. J’en suis même convaincu. Mais on aura le temps d’en reparler.

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