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Lausanne a encore franchi un palier

Francesco Margiotta, qui marque ici le 1-0, et le LS ont sérieusement bousculé Bâle mercredi. La défaite fait mal, mais elle est encourageante.

Football d'élite - 22 septembre 2016

Francesco Margiotta, qui marque ici le 1-0, et le LS ont sérieusement bousculé Bâle mercredi. La défaite fait mal, mais elle est encourageante.

Jérémy Manière n’en pouvait plus d’attendre, plus d’une heure après la fin du match entre le LS et Bâle, mercredi. Le défenseur central a été convoqué par le contrôleur anti-dopage, mais n’a tout simplement pas pu le satisfaire d’entrée. Après avoir enfilé la grande veste de Pak, histoire d’affronter la température nocturne des Plaines-du Loup, le numéro 4 du LS a rejoint ses potes de la II du FC Vallorbe-Ballaigues, venus spécialement pour l’encourager. Deux litres et demi d’eau plus tard (et une gorgée de bière), le bon Jérémy Manière a enfin pu remplir le gobelet et rentrer chez lui, avec une pointe de regrets. Il regrettera bien sûr ce coup de tête de la fin de match, qui aurait pu tromper Tomas Vaclik s’il n’était pas passé à douze centimètres sur la droite des buts du gardien tchèque. Mais surtout, il regrettera, comme tous ses coéquipiers, de ne pas avoir été la première équipe suisse à avoir pris un point au grand FC Bâle cette saison.

Huit sur huit pour le FC Bâle

Le FCB en est en effet à huit victoires en huit matches de Super League cette saison, le tout assorti d’une qualification en Coupe de Suisse. Le seul accroc de la saison des Rhénans jusqu’ici? Ce match nul face à Ludogorets en Champions League. Mais mercredi, dans une Pontaise garnie de 6154 spectateurs, Bâle est passé tout près de perdre des points, ce qui aurait été le cas sans le coup de tête vainqueur d’Eder Balanta à la 93e. Rageant, frustrant et décevant pour le LS, qui a accompli un premier quart d’heure phénoménal, une excellente première mi-temps et une très bonne première heure de jeu. Lausanne est donc allé decrescendo (en partant de très haut) dans cette partie et cela ne pardonne pas au FC Bâle. Le FCB, d’ailleurs, ne pardonne jamais rien.

Fabio Celestini a fait des choix

Lausanne, il faut l’écrire en gras, peut être fier de sa performance. Le match de Köniz était bel et bien un accident et il a surtout permis à Fabio Celestini de faire des choix clairs et de ne plus avoir besoin de se justifier. Désormais, tout le monde a eu sa chance et il est juste de dire que beaucoup ne l’ont pas saisie. Mercredi, pour la réception du FC Bâle, l’entraîneur du LS avait l’entier de son effectif à disposition, mis à part Thomas Castella, blessé. Et la liste des non-convoqués parle d’elle-même, même si, bien sûr, les amoureux du football vaudois ont été déçus d’y voir le nom d’Alexandre Pasche. Ce que cela veut dire? On va être clair: on n’en sait rien. Et on espère simplement que ce soit passager. Ce qui est sûr, par contre, c’est que Fabio Celestini est contraint de faire des choix et que ceux qui étaient sur le terrain face à Köniz ont perdu des points, et que ceux qui ont joué face à Bâle en ont marqué. Le football est aussi simple que ça.

Lausanne progresse sans arrêt

Car ces deux défaites, évidemment, n’ont rien en commun. Face au FCB, le Lausanne-Sport a encore franchi un palier, lui qui grandit à grande vitesse depuis que Fabio Celestini en a repris les rênes il y a plus d’une année maintenant. Il est impressionnant de voir à quel point cette équipe progresse et arrive s’adapter à son niveau de jeu, sans renier ses principes. Mercredi, Bâle a été transpercé par le jeu en première période, prenant l’eau de tous les côtés. On l’avoue sans honte: on savait que le LS allait tenter de jouer face au FCB, mais on ne pensait pas voir une telle démonstration, qui est la preuve de l’excellent travail fourni à l’entraînement et au quotidien. Il serait temps, enfin, que le public vaudois se rende compte qu’il est en train de se passer quelque chose d’exceptionnel à la Pontaise et ce match-là peut aider les Lausannois dans cet aspect.

 

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Le test ultime est passé

Il y a encore quelques mois, le LS jouait bien (et gagnait) face à Chiasso et Winterthour. C’était déjà beau à voir, mais disons que le public lausannois attend plus que des victoires en Challenge League. Soit. Mais depuis le début de la saison de Super League, Lausanne n’a pas renié ses principes et s’est attiré les louanges de toute la Suisse. Cela commence à venir, mais il manquait encore le test ultime, celui face au FC Bâle. Il est passé, avec succès, et durant le premier quart d’heure de jeu, le FCB s’est demandé où il était tombé et surtout, comment il allait s’en sortir. Parce que là, le patron jouait en bleu et blanc, c’est tout.

Francesco Margiotta, c’est Michel-Ange

Comment a fait Bâle, d’ailleurs, pour n’être mené que d’un but à la pause? Francesco Margiotta (3e, 17e) et Pak (8e et 9e) ont eu quatre occasions nettes, mais il a fallu attendre une merveille de but de la part des deux hommes pour tromper Tomas Vaclik. Le Nord-Coréen a centré pour son compère italien, lequel a réalisé un contrôle orienté digne des plus grands pour embarquer son défenseur et finir du gauche (1-0, 36e). Le contrôle de Francesco Margiotta? Une fresque de Michel-Ange, c’est tout. Le ballon est venu de la droite, aérien, et il se l’est embarqué d’une roulette, laquelle l’a placé seul face au but de Vaclik. L’enchaînement était parfait, la finition aussi et Margiotta, sur ce coup-là, mérite un 10 sur 10. Bravissimo, signor!

8 tirs à 2 pour le LS en première mi-temps!

Et déjà là, alors que le LS marchait sur Bâle, un frisson a parcouru la Pontaise, lorsque Birkir Bjarnason s’est trouvé seul face à Dany Da Silva dans l’enchaînement. Tout le monde s’est dit que le hold-up allait tomber là, mais l’Islandais a frappé à côté. 1-0  à la pause, un score beaucoup trop flatteur pour un FC Bâle dominé au nombre des occasions (8 tirs à 2 pour le LS!) et dans le jeu. Lausanne était brillant, c0mme d’habitude, mais c’était face à Bâle, donc ça change tout.

Lausanne, c’est sûr, ne méritait pas ça. Mais…

La deuxième période a commencé comme la première, avec une énorme occasion pour Pak (53e), mais le Nord-Coréen s’est trompé face à Vaclik. Il y avait mieux à faire et surtout, il n’y avait plus rien à faire. Parce que dès lors, le FCB a haussé le niveau. Et Lausanne, épuisé, a subi, reculant et tentant de tenir, ce qui n’a pas été le cas. Birkir Bjarnason a égalisé à la 67e et Eder Balanta, sur corner, a marqué le 1-2 à la 93e, alors que Xavier Margairaz venait de se faire expulser pour un gros tacle sur le difficilement supportable Renato Steffen. Lausanne, c’est sûr, ne méritait pas ça, mais il manque encore un tout petit quelque chose aux Lausannois pour marquer de gros points dans ce championnat. Personne n’en marque face à Bâle? C’est vrai et c’est justement pour cela que l’exploit aurait été magnifique et le signal envoyé aux autres équipes parfait. C’est pour cela, parfois, qu’il ne faut pas s’arrêter au résultat. Oui, le LS a perdu mercredi. Mais le vainqueur du match, c’est lui.

Les hommes du match

A notre avis, Francesco Margiotta a été au dessus de tout le monde, réalisant une première période admirable. Il est sorti carbonisé, mais il a surtout martyrisé une défense bâloise incrédule devant la qualité de ses appels et de ses déviations. Un match de baron. On a beaucoup aimé aussi Samuele Campo, également en attaque. Le Bâlois du LS a régalé par ses coups de patte et il a beaucoup travaillé. Son toucher de balle est merveilleux et il est gentiment en train de devenir un titulaire indiscutable, ce qui n’était pas vraiment la tendance du début de saison. Enfin, Jordan Lotomba a fait une bonne entrée, dans des conditions pas vraiment favorables (blessure de Benjamin Kololli à la 12e) et Elton Monteiro a été tout simplement monstrueux en défense centrale. Seydou Doumbia? On n’a même pas vu s’il était sur le terrain, lui qui s’est fait manger de la première à la dernière seconde par le grand défenseur du LS.

 

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Le plan-fixe

La Pontaise, 6154 spectateurs

Lausanne-Sport

1

36e Margiotta 1-0

Da Silva;
Monteiro, Manière, Diniz;
Kololli (12e Lotomba), Araz, Custodio, Gétaz;
Margiotta (56e Torres), Pak (68e Margairaz), Campo.
Entraîneur: Fabio Celestini
90e, expulsion de Xavier Margairaz (tacle trop appuyé sur Renato Steffen).

FC Bâle

2

67e Bjarnason 1-1

90e Balanta 1-2

Vaclik;
Lang, Suchy, Balanta;
Gaber, Xhaka, Serey Die (72e Fransson), Bjarnason, Steffen;
Delgado (78e Elyounoussi), Doumbia (63e Sporar).
Entraîneur: Urs Fischer

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