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Le BRP perd gros en deux minutes à Mézières

L'équipe de Stéphane Kernen, dernière du groupe 1 de 2e ligue, menait encore 2-3 à la 89e sur le terrain du FC Jorat-Mézières. Deux buts de Federico Golzio et de Bajram Shabani ont permis au FCJM de renverser la situation et de s'imposer in extremis. Le maintien semble désormais bien compromis pour le FC Bursins-Rolle-Perroy, qui va devoir rebondir dès mardi face à Chêne Aubonne pour un nouveau match capital.

2e ligue - 21 avril 2016

L'équipe de Stéphane Kernen, dernière du groupe 1 de 2e ligue, menait encore 2-3 à la 89e sur le terrain du FC Jorat-Mézières. Deux buts de Federico Golzio et de Bajram Shabani ont permis au FCJM de renverser la situation et de s'imposer in extremis. Le maintien semble désormais bien compromis pour le FC Bursins-Rolle-Perroy, qui va devoir rebondir dès mardi face à Chêne Aubonne pour un nouveau match capital.

Dire que Bursins-Rolle-Perroy n’avait pas le droit à l’erreur en effectuant le déplacement à Mézières serait un euphémisme. En vérité, les hommes de Stéphane Kernen et de Nedzat Sadiku jouaient littéralement leur dernière carte pour garder un espoir de pouvoir encore figurer parmi les formations de 2e ligue la saison prochaine. Alors lorsque Gaétan Sarrasin a trouvé les chemins des filets une première fois, une idée s’est mise à germer dans la tête des visiteurs. Elle a même pris de l’ampleur, quand celui-ci doublait la mise, dans la foulée.
 On ne jouait que depuis 10 minutes que le BRP menait 0-2. La suite? Elle leur a été bien moins avantageuse…

Le lob stratosphérique de Steven Mottaz

La descente aux enfers a rapidement, bien trop rapidement, commencé après ce début en fanfare. À peine 5 minutes après le numéro deux, Steven Mottaz a été transcendé d’une inspiration géniale, le geste du match, même encore loin devant l’exceptionnel enchaînement « contrôle orienté / frappe enchaînée » de Gaétan Sarrasin qui avait donné vie au 0-2. Dans sa moitié de terrain, le demi défensif du FCJM s’est vu hériter d’un ballon venu tout droit des pieds du portier adverse, Matthieu Wimmer, qui s’était aventuré hors de sa surface pour interrompre une passe en profondeur lancée par Bajram Shabani. Sans se poser de questions, Steven Mottaz a mis tout ce qu’il avait pour renvoyer le ballon d’où il lui était venu. Avec succès, puisque celui-ci, partant de plus de 50 mètres, a fini sa course au fond des filets d’un Mattieu Wimmer qui ne pouvait que contempler le chef d’oeuvre avec dépit.

Loïc Demierre remet tout le monde à égalité

En plus d’un régal pour les yeux, ce lob venait mettre les Verts, qui en avaient bien besoin, sur les bons rails: «La différence avec le match de Montreux, gagné 5-2? Face à eux, on avait rentré cinq de nos six occasions. Ce soir, lorsque j’ai vu que nos quatre premières énormes chances passaient à côté, j’ai bien senti que ça n’allait pas être la même affaire», commentait Pierre-Alain Bruelhart après coup, en faisant référence à la frappe sur le poteau de Jean Mancini et au coup de tête, dans l’enchaînement, de Fabien Joye qui passait juste à côté, alors que le score était de 0-0.

Alors, on peut légitimement penser que c’est ce coup de génie de Steven Mottaz qui a permis au FCJM de reprendre ses esprits et de retrouver un peu de tranchant. Un tranchant dont a, d’ailleurs, fait preuve Loïc Demierre, s’en étant allé seul tromper le dernier rempart adverse, pour remettre les compteurs à égalité. À la pause, tout était à refaire pour Stéphane Kernen et les siens. La partie était animée et le score (2-2) logique.

Bursins-Rolle-Perroy a mis du cœur dans son football

Le momentum en faveur des locaux? On aurait pu y croire, mais ceux-ci sont sortis un peu trop timidement des vestiaires pour véritablement profiter de leur ascendant. En face? Une équipe à qui on pourrait louer tous les superlatifs en terme d’attitude. On retiendra surtout la solidarité d’un groupe, dos au mur, qui a tout tenté durant 90 minutes pour se donner l’espoir de rêver encore en une folle remontée d’ici au début du mois de juin. Dans le rôle principal, on a adoré Jordan Moget. Le latéral droit a joué comme si sa vie en dépendait, en se focalisant sur ce qu’il pouvait apporter à son groupe sans jamais contester la moindre décision. La classe, tout simplement.

Un coup du chapeau pour Gaétan Sarrasin

Généreux dans les efforts, encourageant toujours leur partenaire dans leur choix de jeu, le BRP s’est même vu récompensé, une nouvelle fois, pour son attitude et son envie de bien faire. À la 74e, c’est l’inévitable Gaétan Sarrasin qui réceptionnait et transformait à merveille un centre venu des pieds du très bon Angelo Moura, de la tête. Avec la classe d’un attaquant de ce calibre couplée au volume de jeu et à la place qu’est capable de prendre Amadou Sow, devant, on se demande comment cette équipe n’avait pu inscrire que 15 buts avant cette rencontre… Toujours est-il que, cette fois-ci, le BRP, menant 2-3, pensait pouvoir tenir son os jusqu’au bout.

Les «vieux» du FCJM frappent fort, au bon moment

C’était sans compter sur la force de caractère, totalement incroyable sur ce coup-là, de ses adversaires du jour. 89e minute: Jorat-Mézières obtient un coup-franc indiscutable à l’orée de la surface. Bajram Shabani, qui avait envoyé sa dernière tentative au-dessus des barrières de protection, baissait la tête et laissait sa chance à Federico Golzio, fraîchement entré sur le terrain. Ni une ni deux, l’Italien se saisissait du ballon, décochait une frappe puissante et imparable pour Matthieu Wimmer. C’était 3-3, et les espoirs des visiteurs prenait du plomb dans l’aile.  Sonnés et sans doute un peu rattrapés par l’enjeu, les hommes de Stéphane Kernen buvaient même le calice jusqu’à la lie. Si ramener un point de Mézières ne constituait déjà pas une bonne opération, le coup de grâce signé Bajram Shabani, à la 92e, la rendait totalement désastreuse. Ce soir, Bursins-Rolle-Perroy est passé à trois minutes d’entretenir l’espoir, Jorat-Mézières d’un échec majeur.

Stéphane Kernen: «Celle-là, elle va laisser des traces…»

À l’heure de l’interview, on osait à peine approcher Stéphane Kernen, après le tremblement de terre et le choc émotionnel qu’il venait de subir. Malgré l’émotion dans sa voix, il n’a pourtant pas hésité une seconde: «Celle-là, elle va laisser des traces… On est arrivé avec toute la bonne volonté du monde, avec une attitude irréprochable. En plus, on doit être menés 2-0. Au lieu de ça, c’est nous qui menons 0-2. Les éléments semblaient avoir tourné en notre faveur. Puis on a commis des erreurs, trop d’erreurs, qui leur ont permis de revenir et de renverser le match. Mais on ne méritait pas ça. À mon sens, on a été meilleur qu’eux, pas de beaucoup, mais un peu quand même. Repartir sans rien ce soir, c’est très dur… C’est aussi pour ça que le football est magnifique, même si on aurait bien voulu que ça tourne en notre faveur. C’est d’autant plus dommage que, dans l’esprit, je le répète, on a été parfaits. On est vraiment dans une tendance positive de ce côté-là, il fallait que cela continue ce soir. 
L’espoir? Notre espoir c’est que, mathématiquement, ce n’est pas encore fini. Comme depuis le début de championnat, on va continuer à prendre match après match. On avait trois matches à notre portée dans lesquels on savait qu’on devrait faire six, sept voire neuf points. Voilà qui débute plutôt mal…».

Jorat-Mézières est impossible à suivre

Après le 5-2 infligé à Montreux il y a deux semaines de cela et pour leur dernier match officiel, on s’attendait quand même à mieux de la part des hommes de Pierre-Alain Bruelhart face au cancre du groupe. Pourtant, ceux-ci ont sué, parfois même subi, pour finalement être forcé à l’exploit dans les dernières minutes et passer l’obstacle BRP. De la même manière, on s’attendait à voir un FC Jorat-Mézières affamé au retour des vestiaires, après avoir remonté un déficit de deux buts. Là encore, cela n’a pas vraiment été le cas.

Le coach est, d’ailleurs, bien conscient de la situation et possède une réponse bien précise: «La réalité, c’est qu’on est toujours bien meilleur en position d’outsider, comme c’était le cas face à Montreux, notamment. Nous sommes clairement moins à l’aise lorsqu’on doit faire le jeu. Parfois, on sait très bien le faire, c’était d’ailleurs notre force en 3e ligue l’an passé, mais ça ne dure que quelques phases de jeu. Ce soir, typiquement, on rate des montagnes dans les premières minutes, puis on se met à gamberger. Et, comme c’est à nous de faire le jeu, on est empruntés, on panique et on n’arrive plus à faire progresser la balle comme on le devrait. Si on fait le compte, on se crée une bonne douzaine d’occasions sur l’ensemble de la rencontre, c’est rare, et on en transforme seulement quatre… Et puis, il faut dire aussi que, ce soir, il me manque la moitié de ma défense. C’est normal que notre tâche soit plus compliquée ainsi».

Un compte-rendu de Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Le FCJM s’en va à Epalinges, un club que Pierre-Alain Brülhart connaît bien. Une victoire de Jorat-Mézières et le maintien serait en très bonne voie, voire quasiment assuré. Coup d’envoi à 20h ce mardi. Même jour, même heure, le BRP reçoit Chêne Aubonne. Derby! Et un match à gagner absolument pour le FC Bursins-Rolle-Perroy.

FC Jorat-Mézières – FC Bursins-Rolle-Perroy 4-3 (2-2)

Buts: 7e et 10e Sarrasin 0-2; 15e Mottaz 1-2; 33e Demierre 2-2; 73e Sarrasin 2-3; 89e Golzio 3-3; 90e Bajrami 4-3.

Arbitres: M. Demail Muminovic, assisté de M. Omar Pisanello et de M. Aldin Cikaric.

FCJM: Alfieri; Bavaud, Coffinet (58e Golzio), Fa. Joye (46e Deroze), L. Schumacher; Mottaz, Gilliéron, Besnier; Mancini, Shabani, Demierre (70e M. Schumacher).

Entraîneur: Pierre-Alain Brülhart.

BRP: Wimmer; Moget, G. Gaberel (56e Allemann), Froelicher, Didier Almeida; Miguel Moura, Bruno Almeida (46e Harbi), Vitor Pereira, Colsa; Sow, Sarrasin (74e Auf der Maur).

Entraîneurs: Stéphane Kernen et Nedzat Sadiku.

Mézières.

Ineos

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