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Les Lions du Panshir rugissent à La Sallaz

Les deux jumeaux Hasibullah et Tareq Massoud (26 ans) entourent leur petit frère Yusef (17 ans) sur le tout nouveau terrain du FC La Sallaz. Le début de championnat n'est pas idéal pour le club lausannois, qui compte deux défaites en autant de parties. Pas de quoi décourager les trois Afghans, tous trois des piliers de l'équipe de Michaël Pacella. Rencontre au sommet avec les neveux du commandant Massoud.

3e ligue, Portraits - 2 septembre 2015

Les deux jumeaux Hasibullah et Tareq Massoud (26 ans) entourent leur petit frère Yusef (17 ans) sur le tout nouveau terrain du FC La Sallaz. Le début de championnat n'est pas idéal pour le club lausannois, qui compte deux défaites en autant de parties. Pas de quoi décourager les trois Afghans, tous trois des piliers de l'équipe de Michaël Pacella. Rencontre au sommet avec les neveux du commandant Massoud.

« Quand je joue, vous ne pouvez pas vous tromper, c’est quand on gagne. Par contre, quand je ne suis pas là, La Sallaz perd tout le temps! Vous pouvez vérifier, c’est vrai! » Hasibullah Massoud a une particularité étonnante: il parle tout le temps. Alors, quand il part se changer pour la photo, on se dit qu’on a un moment de répit et que nos oreilles peuvent se reposer un court instant. Dix secondes plus tard, il est là, avec son maillot, son short et ses chaussures, et il parle encore plus. On ne comprend pas et on lui pose la question. La réponse? « Mais non, moi c’est Tareq! » Compris, les frères Massoud sont des jumeaux. Et ils parlent tous les deux autant.

Au deuxième degré, toujours

Alors, quand Hasibulla, vêtu du nouvel équipement du club, interpelle son entraîneur Michaël Pacella deux heures avant le premier match de championnat, ce dernier craint le pire. « Oui, Hassib? » « Coach, ça ne va pas, vous m’avez donné le 12! C’est un numéro de remplaçant! Pour moi, le meilleur joueur de l’équipe! » Michaël Pacella sourit, il connaît parfaitement les jumeaux Massoud et sait trier la vérité et le deuxième degré, omniprésent chez Hasibullah et Tareq. « Je ne les échangerais pour rien au monde. Ils mettent énormément d’ambiance dans le vestiaire, je les adore », souligne leur entraîneur. Âgés de 26 ans, les jumeaux sont partis un moment à LUC-Dorigny mais sont vite revenus dans les hauts de Lausanne. Le bord du lac? Une parenthèse, c’est tout. Leur quartier leur manquait trop.

Trois frères qui ont beaucoup voyagé

Ils sont arrivés il y a dix ans en Suisse, les frères Massoud. Ils étaient donc en pleine adolescence lorsqu’ils ont débarqué à Lausanne et s’y sont tout de suite sentis bien. Fils d’un diplomate, ils ont beaucoup voyagé avant de poser leurs valises ici. La Pologne, l’Angleterre, les pays du Nord… La liste est longue. Mais, pardon, ils ne sont là que depuis dix ans et parlent le français sans aucun accent et sans aucune faute de français? « On est intelligents dans la famille! C’est ce qui nous différencie des autres à La Sallaz », continue Hasibullah, toujours aussi taquin. « Mais pas du tout, je suis sérieux », continue-t-il. Bref, on l’a compris, les frères Massoud sont de sacrées personnalités.

Yusef, 17 ans, discret… pour l’instant

Et le pire, c’est qu’ils sont trois. Le petit frère Yusef a 17 ans et est encore très discret, lui. Si Hasib est défenseur central et Tareq milieu de terrain (avec le brassard de capitaine), Yusef, lui, est un vrai numéro 10 à la technique soyeuse. Formé au Team Vaud, il en est parti, étant jugé trop frêle. Il a le temps de prendre du muscle, encore, et il est difficile de l’entendre parler au milieu des conversations incessantes des deux frangins. Alors, quand on demande à Hasibullah si le petit frère est le meilleur des trois, la réponse est sans concession? « Pourquoi, parce qu’il fait des passements de jambes? Mais ça ne rapporte pas de points, ça! Non, le meilleur, c’est moi! » Les trois frères se marrent, ils savent bien que le petit Yusef a un talent particulier. Aujourd’hui, c’est La Sallaz qui en profite. Et demain? « Oh, on se calme, il va pas aller au Real, hein! », tempère Hasib.

Le nouveau terrain inauguré par une défaite

Il y a dix jours, les frères Massoud sont venus un peu plus tôt que d’habitude au terrain pour la reprise du championnat face à Prilly II. La raison? Toute l’équipe était invitée à une petite cérémonie avec les amis du club, à l’initiative du président Alessandro Santarsieri. Le but était de de découvrir les nouvelles installations de Grand-Vennes, un nouveau terrain en herbe entouré de grillages et parfait pour un club de la taille du FC La Sallaz. Le président était aux anges: « Le terrain n’est pas encore parfait, mais c’est magnifique ce qu’on reçoit là, c’est vraiment un beau cadeau pour nos joueurs. J’aimerais bien inviter une équipe professionnelle pour un stage ou un entraînement. Franchement, que le LS ou Le Mont vienne là cet hiver, ce serait génial. » Le premier match se passera moyennement, avec une lourde défaite face à Prilly. Tout le monde rêvait d’un meilleur début dans la course aux finales de 3e ligue, objectif assumé du début de saison.

Les neveux du commandant Massoud!

Pas de quoi décourager les frères Massoud, pourtant tous trois titulaires. Ils en ont vu d’autres, eux, les neveux du commandant Massoud, le fameux Lion du Panshir, l’homme qui a combattu les Soviétiques puis les Talibans, ce qui fait beaucoup pour une seule vie. Quand Hasibullah nous a annoncé que le grand homme était leur oncle, on avoue qu’on a un sourcil de méfiance qui s’est levé. Deuxième degré, encore? Pas sur ce coup-là, non. « On ne rigole pas avec ça, ho! », nous a réprimandé le numéro 12. Renseignements pris et vérification effectuée, le combattant afghan de la liberté est bel et bien le frère de leur père, le diplomate. Les neveux Massoud sont donc des joueurs du FC La Sallaz, citoyens lausannois et fiers de l’être. Et ce n’est pas un début de championnat raté qui va les empêcher de parler!

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