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L’homme qui fait la différence

Benjamin Kololli n'avait plus joué avec le LS depuis le 30 octobre dernier. Titularisé pour la reprise face à Lucerne, le Bellerin a une nouvelle fois fait étalage de toutes ses qualités, inscrivant, au passage le 2-1.

Football d'élite - 5 février 2017

Benjamin Kololli n'avait plus joué avec le LS depuis le 30 octobre dernier. Titularisé pour la reprise face à Lucerne, le Bellerin a une nouvelle fois fait étalage de toutes ses qualités, inscrivant, au passage le 2-1.

Déjà bien trempé par ce pluvieux dimanche après-midi, durant lequel la pelouse de la Pontaise a été mise à rude épreuve (et a parfaitement tenu le choc), le Lausanne-Sport aurait pu complètement prendre l’eau à l’heure de jeu, après le 2-4 lucernois. On vivait la 67e minute et les visiteurs venaient d’inscrire leur troisième réalisation en à peine plus d’une quart d’heure, au sein d’une défense qui semblait quelque peu désemparée par la tournure des événements. «C’est aussi dans ces moments-là qu’on doit être fort. Si rien qu’un ou deux joueurs baissent les bras dans ce genre de situations, c’est toute l’équipe qui est tirée vers le bas», expliquait Benjamin Kololli. Une vingtaine de minutes après cet épisode, le latéral droit devenait un exemple d’abnégation, récupérant avec hargne un ballon dans son propre camp avant de placer l’accélération qui a tout changé. Celle qui a permis à Pak Kwang-Ryong, au prix d’un nouvel effort, sur la gauche, de se trouver en position idéale pour envoyer le centre du 4-4 à Nassim Ben Khalifa, qui avait, une fois de plus, le geste parfait pour transformer l’essai. On vivait alors la 92e minute. Certains appellent ça un coup du sort, le destin ou la chance, d’autres, comme Benjamin Kololli, produisent l’effort au moment opportun pour ne pas avoir à chercher d’excuses.

Un penalty obtenu avec panache

Si le Bellerin a attendu les arrêts de jeu pour se mettre en évidence? Certainement pas, non. Le joueur de couloir a une faim insatiable de jeu, lui qui n’était plus entré en jeu depuis le 30 octobre dernier et une défaite 3-2 face à… Lucerne, et cela s’est immédiatement remarquer. On a déjà vu l’ancien joueur de Bienne plus inspiré cette saison? C’est une certitude, mais force est de constater que son envie, son attitude et sa percussion sont autant d’atouts dont le LS ne peut que difficilement se passer aujourd’hui. La preuve en est sur le 2-1 de la 31e minute. L’international kosovar, bien servi par Andrea Maccoppi, semblait être parti dans le dribble de trop avant de se rattraper, de s’écrouler et d’obtenir un penalty. Ce n’était pas exécuté avec toute la minutie à laquelle Benjamin Kololli nous avait habitué durant le premier tour, mais le résultat, qui a cruellement fait défaut aux Lausannois ces huit derniers matches, était là, et c’est la seule chose qui importe vraiment.

Benjamin Kololli: «J’avais trop envie de la mettre au fond!»

Aurait pu, alors, se poser la question du tireur. Mais, à l’instant où il a vu M. Bieri porter son sifflet à la bouche et désigner le point de penalty, le numéro 7 savait que la mission de terminer le travail incombait à lui seul, et à personne d’autre: «Il n’y a eu aucune hésitation, je me suis saisi directement du ballon. À cet instant précis, j’avais juste trop envie de la mettre au fond, de me libérer. Après plus de trois mois sans compétition, j’en avais tout simplement besoin», soupire, soulagé, celui qui n’a pas tremblé au moment de battre David Zibung.

Les fidèles de la Pontaise sont à nouveau passés par tous les états d’âme

Dans un match normal, cela aurait tout à fait pu demeurer comme le but victorieux. Le LS version 2016/2017 nous a, cependant, habitué à nous faire passer par tous les états d’âme durant nonante minutes, et a tenu à respecter la tradition aujourd’hui. La maigre assistance de la Pontaise (3020 spectateurs annoncés…) était prête à saluer la solidité et le réalisme de ses protégés à la mi-temps aussi bien qu’elle a juré ne plus remettre les pieds au stade après le 2-4. Si bien qu’après la huitième et dernière réussite de l’après-midi, le public bleu et blanc ne savait plus trop quoi penser, si ce n’est, peut-être, qu’il devait une fière chandelle à son champion du monde M-17.

Nassim Ben Khalifa: un triplé qui veut dire beaucoup

Car si Fabio Celestini ne tirera probablement pas les certitudes de cette partie par dizaine, une des satisfactions évidentes de ce match de reprise se nomme Nassim Ben Khalifa. Non content d’avoir, pour une fois, fait pencher la balance du côté lausannois dans les arrêts de jeu, le buteur s’est également retrouvé à la conclusion d’un magnifique mouvement Campo-Pak-Gétaz pour permettre au LS de recoller, deux minutes à peine après avoir encaissé l’ouverture du score (1-1, 19e). C’est tout? Pas vraiment, puisque le vaudois a également inscrit le but de l’espoir (3-4, 78e), dans une période où les actions lausannoises étaient au plus bas et où les néo-promus semblaient singulièrement manquer d’esprit de révolte. Trois buts, donc, qui possèdent tous une importance bien particulière. Le résultat? D’abord, Nassim Ben Khalifa a inscrit un triplé historique, le premier de sa carrière, à 25 ans. Ensuite, et surtout, il permet au LS de glaner un point qui devrait lui faire un bien fou, tant au classement que dans la tête, avant de se déplacer à Saint-Gall dimanche prochain.

 

Un article rédigé par Florian Vaney

Le plan-fixe

La Pontaise. 3020 spectateurs. Arbitrage de M. Alain Bieri.

Lausanne-Sport

4

19e Ben Khalifa, 1-1

33e Kololli, pen. 2-1

78e Ben Khalifa, 3-4

92e Ben Khalifa, 4-4

Martin (73e Castella);
Monteiro, Thomas, Manière;
Maccoppi, Kololli, Araz, Campo (65e Pasche), Gétaz (68e Taiwo);
Pak, Ben Khalifa.
Entraîneur: Fabio Celestini.

FC Lucerne

4

17e Affolter, 0-1

50e M. Schneuwly, 2-2

60e Neumayr, 2-3

67e Itten, 2-4

Zibung;
Lucas, Costa, Affolter;
Kryeziu, Grether, F. Rodriguez (65e Ugrinic), Neumayr (93e Juric), Lustenberger;
M. Schneuwly (86e Arnold), Itten.
Entraîneur: Markus Babbel.

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