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«On n’aurait jamais du commencer ce match»

La partie entre Bavois et Brühl, samedi, a été arrêtée à la mi-temps. Mais le président Jean-Michel Viquerat aurait aimé qu'elle ne débute jamais.

Promotion League - 5 novembre 2016

La partie entre Bavois et Brühl, samedi, a été arrêtée à la mi-temps. Mais le président Jean-Michel Viquerat aurait aimé qu'elle ne débute jamais.


Il était mal pris, M. Nicolas Jancevski, une quinzaine de minutes avant le coup d’envoi. D’un côté, il avait le président du FC Bavois, Jean-Michel Viquerat, qui ne voulait pas jouer. Et de l’autre, il avait les représentants du SC Brühl Saint-Gall qui voulaient absolument que la partie ait lieu. Les deux parties avaient des arguments assez convaincants. D’un côté, Bavois avait peur pour son terrain, qui risquait d’être massacré vu la pluie qui s’abattait ce samedi après-midi. De l’autre, Brühl ne voulait pas se taper les huit heures de car aller-retour pour rien et, surtout, revenir un soir de semaine d’ici à la fin du mois de novembre. On peut comprendre.

Jean-Michel Viquerat inquiet pour son terrain

Alors, M. Jancevski, l’un des tout meilleurs arbitres de Challenge League, a écouté les arguments des uns et des autres, mais, surtout, il a effectué plusieurs tests. Le ballon rebondit-il? La santé des joueurs est-elle garantie? En une phrase, peut-on jouer au football? Il a longuement hésité, M. Jancevski. Et il a fini par répondre oui à ces trois questions, à la grande fureur de Jean-Michel Viquerat, sincèrement inquiet pour son terrain. Disons gentiment et poliment qu’il ne s’agit déjà pas d’un billard en temps normal, mais là, avec la quantité de flotte qu’il se ramassait, voir vingt-deux joueurs le labourer n’était pas la meilleure nouvelle du jour pour le président du FCB.

 

Fc Bavois vs Sc Brühl arrêté
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« On essaie », a dit M. Jancevski

« Vous verrez, vous allez arrêter le match à la mi-temps! Et on l’aura massacré pour rien », a dit Jean-Michel Viquerat à M. Jancevski à quelques minutes du début de la rencontre. Les dirigeants saint-gallois, eux, étaient satisfaits: le match allait pouvoir débuter. « On essaie », a dit M. Jancevski.

Nicola Zari a subi un choc à la tête assez violent

La première mi-temps s’est ainsi déroulée avec quelques glissades et des maillots vite très bruns, mais, globalement, on a pu voir du football, quand même. Bavois a eu des occasions, Brühl aussi, et ce sont les Saint-Gallois qui ont ouvert la marque grâce à un but de Domingues, dont le centre complètement raté finissait sous la latte de Marco Grosso. Cette première période a également été marquée par le choc à la tête dont a été victime Nicola Zari. Le capitaine du FCB a dû être remplacé, mais, heureusement, il a retrouvé ses esprits et était lucide après le match.

Fc Bavois vs Sc Brühl arrêté

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Le ballon rebondissait un peu, mais pas partout

La mi-temps a ainsi été atteinte sur le score de 0-1 et cet avantage n’a fait que renforcer la motivation des Saint-Gallois à aller au bout de la rencontre. Et inutile de dire que Jean-Michel Viquerat a eu deux fois plus envie, encore, que le match s’arrête. Les positions sont donc restées figées, mais M. Jancevski a refait un test avant de commencer la deuxième période, la pluie ayant redoublé d’intensité pendant que les joueurs étaient aux vestiaires. Le ballon a rebondi à certains endroits, mais pas à tous et décision a donc été prise de convoquer les deux capitaines au centre du terrain. Marco Malgioglio, qui avait récupéré le brassard, et Arianit Lazraj sont donc allés vers M. Jancevski, qui a commencé à leur exprimer son intention d’arrêter le match, ce qui a ulcéré le Saint-Gallois. Avec un brin de mauvaise foi, le capitaine de Brühl a alors fortement argumenté, mais M. Janceski a alors pris la seule décision qui s’imposait: arrêter le match. « Mais on n’aurait de toute façon jamais dû le commencer », a insisté JMV.

Brühl va devoir revenir en semaine

Les dirigeants saint-gallois n’ont pas aimé, eux qui ont alors commencé à signaler, de manière un peu insidieuse, que M. Jancevski était vaudois. Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas un défaut, mais les Saint-Gallois ont laissé entendre que la décision de l’arbitre était orientée du fait de sa proximité cantonale avec le club recevant, ce qui est quand même spectaculairement malhonnête, à notre avis. M. Jancevski a fait son boulot: il a fait commencer le match et a constaté à la pause que ce n’était plus jouable. Mais d’un côté, les Saint-Gallois lui reprochent d’avoir arrêté la partie, et de l’autre, les Bavoisans lui reprochent de l’avoir fait commencer. Bref, on a eu un peu de compassion pour M. Jancevski, on doit bien le dire, parce qu’il était vraiment pris entre trois feux: Bavois, Brühl et le règlement de jeu de l’ASF.

Personne n’a rien gagné dans l’histoire

Les Brühlois vont donc devoir revenir à Bavois en semaine, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour eux, sur un terrain qui ne sera pas Wembley dans quelques semaines, qu’il pleuve ou non. Un soir de novembre aux Peupliers, il ne faudra de toute façon pas s’attendre à un billard. Bref, tout le monde a perdu son temps et tout le monde se sent lésé: Brühl qui menait au score et qui va devoir refaire le voyage et reprendre le match à 0-0. Le FC Bavois, qui a vu son terrain labouré pour rien. Et M. Jancevski, qui a été mis sous pression alors qu’il essayait juste de faire son boulot et de prendre la décision la plus honnête possible.

Fc Bavois vs Sc Brühl arrêté

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