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Le Stade Nyonnais II, la jeunesse triomphante

Non, les finales ne sont pas encore officiellement atteintes. Mais avec trois points d'avance sur Gingins et un classement fair-play bien meilleur, il faudrait un cataclysme pour que le Stade Nyonnais ne dispute pas les play-off de 3e ligue. Dimanche, à Colovray, Raël Lolala, auteur du 1-0, et ses coéquipiers ont livré un grand match face à Gingins, s'imposant 3-1.

3e ligue - 29 mai 2016

Non, les finales ne sont pas encore officiellement atteintes. Mais avec trois points d'avance sur Gingins et un classement fair-play bien meilleur, il faudrait un cataclysme pour que le Stade Nyonnais ne dispute pas les play-off de 3e ligue. Dimanche, à Colovray, Raël Lolala, auteur du 1-0, et ses coéquipiers ont livré un grand match face à Gingins, s'imposant 3-1.

«Les finales? Pardon, on a dû mal comprendre, vous voulez parler du prochain match, c’est bien ça?» Alors que la II du Stade Nyonnais venait de réaliser un immense coup en battant le FC Gingins lors de l’avant-dernière journée du groupe 1 du 3e ligue, son duo d’entraîneurs, composé de Michel Tachet et Bruno Gorret, n’a pas hésité une seconde à nous remettre à notre place, vite et bien, lorsqu’on a voulu aborder sa très (très très) probable qualification aux finales. Bien sûr, c’était avant de connaître le résultat de Turc Lausanne, qui a finalement perdu et rendu une fière chandelle aux Nyonnais, mais le principe reste le même: «On a pris cinq points en autant de rencontres au début du second tour, en jouant pourtant très bien. Depuis, on a opté pour une approche simple et classique: prendre match après match. Et le prochain, pour nous, c’est à Saint-Sulpice samedi prochain, face à une équipe qui pourrait jouer sa survie et être d’autant plus dangereuse».

La suite a, de nouveau, servi la tâche des pensionnaires de Colovray, puisque que Saint-Sulpice s’est également imposé et a, du même coup, sauvé définitivement sa place en 3e ligue. Malgré tout, à l’image de la colère piquée par Michel Tachet à l’encontre de son banc, lorsqu’on celui-ci s’est enflammé après un enchaînement de gestes techniques somptueux du prometteur Ashley Boniface, cela en dit long sur l’encadrement et le travail de tous les instants effectués par les deux hommes à la tête de cette très jeune équipe. Celle-ci est-elle en finale? Lui manque-t-il un point? Faudra-t-il surveiller le classement fair-play? Peu importe, la seule question que le duo se pose à l’heure actuelle, c’est de savoir comment aborder le déplacement à Saint-Sulpice. Voilà qui donne, enfin, du sens à l’expression «prendre match après match».

L’opération comptable ne pouvait pas être plus bénéfique

Michel Tachet, Bruno Gorretm ainsi que tous leurs joueurs se cacheront les yeux quelques instants, ou auront l’excellent réflexe de sauter directement au paragraphe suivant, mais on se doit quand même de parler du classement et de l’incroyable opération réussie par la «II» aujourd’hui. La situation avant ce match? Les deux équipes étaient ex-æquo, respectivement 2e et 3e, avec l’avantage du fair-play, assez large à deux journées de la fin, pour les Nyonnais. Turc Lausanne, trois points derrière, avait encore une maigre chance d’y croire mais, on l’a dit, s’est incliné 2-0 face à Renens. Les conséquences de tout ça? Si les Stadistes gagnaient, ils assuraient quasiment, à moins de péter une durite durant leur dernier match, en fait, leur place en finale (9 points d’avance au fair-play sur Gingins…). S’il s’agissait de Gingins, les hommes de Laurent Jacquot auraient encore besoin de prendre un point contre Ecublens, à la maison. Et, en cas de match nul, la situation restait la même, avec un avantage certain pour les pensionnaires de Colovray. C’est dire l’enjeu de cette partie et, surtout, l’importance de la victoire finale du FCSN. À moins que chaque joueur y aille de son petit carton samedi prochain, ou que Michel Tachet (le plus turbulent des deux) dise son mot à l’arbitre avec un peu trop de véhémence, on peut dire qu’on connaît l’accompagnateur du FC Amical Saint-Prex en finale. «De toute façon, le meilleur moyen pour s’y préparer serait encore de gagner contre Saint-Sulpice». Bien reçu, coaches!

Laurent Jacquot: «C’est là qu’on voit la différence entre nous et les équipes qui nous devancent»

Sur le terrain, les Ginginois sont partis pied au plancher, démontrant une énorme envie de bien faire, avant même le coup d’envoi, d’ailleurs. Le match le plus important de la saison? Si on parvient à trouver du sens là-dedans, alors oui, ça l’était, aucun doute à ce niveau. La réalité a, toutefois, bien trop vite rattrapé les visiteurs. Dominés, ceux-ci se créaient tout de même la plus grosse possibilité de ce début de rencontre. La tête de Florian Rapin terminait, cependant, sa course sur le poteau. Peu après, ni Yannick Nigra ni ses montants ne pouvaient intercepter la puissante frappe des 20 mètres de Raël Lolala (1-0, 27e). Sans se montrer vraiment dangereux jusqu’ici, les Nyonnais, sûrs d’eux, filaient en tête à la demi-heure.

Une réussite ô combien douloureuse, puisque le FCG ne reviendra pas: «Je ne pensais vraiment pas qu’ils nous tourneraient pareillement en première mi-temps, avouera Laurent Jacquot à l’issue de la partie. C’est là qu’on voit la différence entre nous et les équipes qui nous devancent. Aujourd’hui, il n’y a clairement pas eu photo. Bien sûr, on tape le poteau à 0-0. Si le ballon était entré, on ne sait pas ce qui aurait pu se passer. Malgré tout, on s’est bien ressaisis en seconde période, on le devait. Mais leurs buts nous ont fait très mal, à chaque fois. Je ne peux pas uniquement blâmer mes joueurs, si des erreurs ont été commises, elles viennent avant tout de moi. Cela n’enlève rien à notre magnifique saison et, quitte à ne pas atteindre les finales, je suis heureux que ce soit Stade Nyonnais qui y participe, l’équipe le mérite».

Un meilleur Gingins après le thé

Comme d’habitude, la lucidité et la franchise du coach français, et ce malgré le poids de cette défaite, ont été autant de qualités très appréciables à entendre à l’heure du bilan. Même si Gingins a été malmené durant 90 minutes, le coup de tête de Florian Rapin aurait effectivement pu changer le scénario de ce match, tout comme le début de la seconde période. On ne connaît pas les mots du coach à la pause, mais force a été de constater qu’au retour des vestiaires, ses hommes sont enfin parvenus à se trouver. De quoi se créer, notamment, plusieurs corners, tirés avec plus ou moins de réussite, mais ne trompant jamais la vigilance du très bon Patrick Piantino. Dans le rôle de créateur de jeu, Alexandre Delmas et Ibush Ismaili ont beaucoup donné. À nouveau avec plus ou moins de succès, certes, mais les deux hommes ont eu le mérite de tenter des choses, quitte à, parfois, devoir leur reprocher de trop garder le ballon, au sein d’une formation qui s’est, finalement, procurée assez peu d’occasions nettes. Et, encore une fois, la réalité des sommets de 3e ligue a rattrapé ce FC Gingins beaucoup trop vite.

 

Fc Stade Nyonnais II vs Fc Gingins 3-1

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Hristian Hristov, une fois à droite, une fois à gauche

Cette fois-ci, elle portait le nom de Hristian Hristov. Le Macédonien se faisait justice lui-même, alors qu’on jouait seulement depuis 11 minutes en seconde période. Parti seul affronter Yannick Nigra, celui qui devait être, à la base, un renfort en Promotion League et qui a, finalement, passé la majorité du second tour avec la «II», forçait le dernier rempart ginginois à la faute de dernier recours. Carton rouge? L’arbitre de la rencontre en aurait été bien inspiré, il s’est, toutefois, montré miséricordieux auprès de Yannick Nigra, qui s’en tirait avec un simple avertissement. Au fond, tant mieux pour le spectacle et les nombreux supporters du FCG ayant fait le déplacement.

Pas de quoi, pour autant, affoler Hristian Hristov, qui glissait tranquillement le ballon sur sa droite pour donner un double avantage aux siens (2-0, 57e). Le mal était fait et, malgré la réduction du score de Pedro Diogo Biscaia (2-1, 67e), entré en jeu à la reprise, le sort était scellé. Les trois buts encaissés ont, à chaque fois, bien trop retardé Gingins dans sa progression pour espérer décrocher un meilleur résultat. Trois buts? Oui, car même à 10 contre 11 (expulsion de Thomas Primo à la 79e), c’est encore Nyon qui a su se montrer le plus tranchant. Cette fois-ci, c’est Cédric Savioz qui devait se coltiner le sale boulot, récoltant, à son tour, un carton jaune pour un tacle à retardement… dans la surface. Nouveau penalty, même tireur. S’il paraît qu’il n’est jamais évident de tirer deux penalty lors du même match, il faudra en avertir Hristian Hristov. Tout serein, le vif attaquant n’a rien changé à son tir des onze mètres, si ce n’est le côté. Nigra plongeait sur sa gauche, Hristov déposait le ballon dans son contre-pied (3-1, 87e). Voilà qui permettait au Stade Nyonnais de terminer la rencontre aussi calmement qu’il l’avait commencé.

Michel Tachet et Bruno Gorret: «On se regarde pendant le match, on a la pompe sur le point d’exploser»

C’est frappant, limpide, même. Ces garçons ont un sang-froid à toutes épreuves. De quoi faire halluciner leurs deux coaches, qui eux, du haut de leurs 50 ans, la ressentent bien, la pression: «Vous savez, on parle souvent du mérite d’avoir une équipe juvénile, un peu à tout-va malheureusement. Aujourd’hui, on fait démarrer six joueurs issus des juniors B. Bien sûr, on avait Raël et Hristian, qui faisaient partie du cadre de la «I» à la base. Mais la réalité, c’est que ces joueurs ont bien plus joué chez nous qu’avec la première. Pourtant, malgré leur âge, on a l’impression que tous ces garçons ne connaissent pas la pression. Cela s’est ressenti encore aujourd’hui. Avec Bruno, on se regarde pendant le match, on a la pompe sur le point d’exploser. Pendant ce temps, les joueurs affichent une sérénité déconcertante. On essaie, effectivement, de prendre un maximum de pression sur nos épaules et de les protéger, mais la vérité, c’est qu’ils ont quelque chose en plus. D’ailleurs, ils possèdent un groupe de discussion entre eux, on y a jeté un œil l’autre jour, il n’y a pas un mot de football. Ils s’entraînaient quatre fois par semaine, au point qu’on a même dû les ralentir un peu, ils arrivent toujours prêts les jours de match et, le reste du temps, ils sont décontractés et pensent à autre chose».

De notre côté, puisqu’on a appris la leçon ainsi qu’un profond respect pour Michel Tachet et Bruno Gorret, on attendra encore une semaine avant d’écrire qu’on se réjouit, d’ors et déjà, de retrouver Stade Nyonnais II et son armada de joueurs prometteurs en finale.

Fc Stade Nyonnais II vs Fc Gingins 3-1

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Les prochains rendez-vous

Samedi prochain, à 19h, Saint-Sulpice accueille le Stade Nyonnais II à 19h. Même jour, même heure, Gingins reçoit Ecublens.

Un compte-rendu de Florian Vaney

FC Stade Nyonnais II – FC Gingins 3-1 (1-0)

Buts: 27e Lolala 1-0; 57e Hristov, pen. 2-0; 66e Pedro Diogo Biscaia 2-1; 87e Hristov, pen. 3-1.

Nyon: Piantino; Azizkhodjaev, J. Tachet, Frossard, Primo; Boniface (89e Selimi), Ramadani, Lolala (77e I. Bega), Mangone; Hristov, Selimi (60e Girod).

Entraîneurs: Michel Tachet et Bruno Gorret.

Gingins: Nigra; Tamone, Savioz, C. Delmas, Genet; H. Delmas, Penel (59e Martinet), Courtin (73e Goncerut), Rossier (46e Pedro Diogo Biscaia), Ismaili; Rapin.

Entraîneur: Laurent Jacquot.

Colovray. 79e, Thomas Primo, deuxième avertissement. 90e, Patrick Tamone.

Fc Stade Nyonnais II vs Fc Gingins 3-1

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