Toute l'actualité du football Vaudois

«Travailler avec un staff passionné, quel bonheur!»

Cédric Mora et le FC Le Mont ont repris la compétition ce week-end (0-0, à Wil). L'occasion pour l'ancien coach du Stade Payerne de revenir sur ses huit premiers mois à ce niveau, dans la peau de l'assistant de John Dragani.

Football d'élite - 7 février 2017

Cédric Mora et le FC Le Mont ont repris la compétition ce week-end (0-0, à Wil). L'occasion pour l'ancien coach du Stade Payerne de revenir sur ses huit premiers mois à ce niveau, dans la peau de l'assistant de John Dragani.

Cédric Mora, c’est incontestable, est un entraîneur à succès. Peu, dans le canton, peuvent se targuer d’avoir connu une progression aussi fulgurante que l’ancien joueur du Lausanne-Sport. Mais si l’homme est en train de réussir, c’est qu’il est avant tout un bosseur, de ceux qui ne s’arrêtent jamais. Partout où il est passé, il a laissé d’excellents souvenirs, stabilisant le FC Assens en 2e ligue juste après une promotion et faisant du Stade-Payerne une équipe de pointe en 2e ligue inter, là encore, alors que le club venait de monter de 2e ligue. L’ascension logique aurait alors voulu que Cédric Mora, à l’annonce de son départ de la Broye cet été, débarque dans un club de 1ère ligue, là où beaucoup l’attendait. Oui mais voilà, s’est produit «une coïncidence, un coup de chance», comme il aime à l’appelle. Bim! Le voilà propulsé en Challenge League, sur le banc du Mont, où il devient l’assistant de John Dragani. Fulgurant, vous avez dit?

La rencontre qui a tout changé

«Une fois que j’ai eu annoncé mon départ de Payerne, je me suis inscrit pour effectuer mon diplôme A, histoire d’être à la page et ouvert à un maximum d’opportunités au niveau du coaching. Un jour, alors que j’étais en train de passer ce diplôme, j’ai aperçu John Dragani, qui avait à faire avec les M-16 de Team Vaud. J’avais déjà eu l’occasion de partager avec lui dans ce cadre-là à plusieurs reprises. S’est alors présentée une ouverture et une chance énorme pour moi d’effectuer un stage d’une semaine à ses côtés, au FC Le Mont, avec l’intégralité du staff. Une semaine plus tard, il me proposait le poste d’assistant! Même si je restais sur deux belles saisons avec le «SP», c’est peu dire que je ne m’y attendais pas du tout à ce moment-là», raconte Cédric Mora.

Un boulot à 100% à côté

Si une telle offre ne se refuse pas, l’homme de 38 ans a dû faire des sacrifices, à commencer par celui de son temps libre. Modeste, il ne s’en plaint pas, il n’aurait même jamais évoqué le sujet sans qu’on insiste un peu: «Si vous me le demandez, oui, je travaille toujours à 100% à côté et je m’arrange pour pouvoir être disponible pour tous les entraînements et les matches. C’est, d’ailleurs, une petite fierté de pouvoir se dire que Le Mont tient largement son rang en Challenge League avec un staff qui n’est pas professionnel».

«Je ne tire que du positif jusqu’ici»

Pour compenser, les entraîneurs du Mont mettent un cœur gros comme ça dans leur tâche: «C’est vrai, acquiesce Cédric Mora, et c’est la raison pour laquelle je ne tire que du positif de cette aventure jusqu’ici. J’ai la chance de pouvoir côtoyer John Dragani et Claude Gross, notamment, au quotidien. Ce sont des gens qui demandent énormément à leurs adjoints. Ils nous font travailler tout comme ils font travailler les joueurs. C’est extrêmement enrichissant. C’est une expérience incroyable qu’il m’est donné de vivre. On peut dire que j’ai découvert ce que c’était de travailler avec des passionnés».

Préparer les séances vidéo, c’est son job! Entre autre…

«Si mon travail au Mont diffère vraiment de celui que j’ai connu à Payerne ou à Assens? questionne le technicien. Disons que je travaille encore avec les joueurs sur le terrain, mais on entre beaucoup plus dans le détail. Il y a, également, beaucoup d’autres facettes que je dois traiter. Chaque week-end, il faut que je prépare une vidéo pour l’équipe, qui montre les points forts et les points faibles de notre futur adversaire, par exemple. Ce qui fait que j’ai énormément de matches à regarder. Je m’occupe aussi de certains aspects tactiques, comme les corners, en ce moment. Alors oui, pour vous répondre, cela n’a plus grand chose à voir avec ce que je faisais encore la saison dernière».

Le synthétique de Chavannes, puis… la Sicile!

Après une courte pause hivernale bien méritée (Le Mont jouait son dernier match du premier tour le 11 décembre et a repris l’entraînement début janvier), la formation qui a pris refuge à Baulmes, et qui y restera, au moins, jusqu’au terme du présent exercice, a, donc, dû retrouver le chemin des terrains. Celui de Chavannes, dans un premier temps, où le synthétique du centre sportif a plutôt bien dépanné avant de partir pour le soleil de l’Italie: «Notre président a pu nous offrir une semaine fabuleuse en Sicile, à Catane. Passer sept jours tous ensemble dans un centre d’entraînement, c’était aussi une sorte de test pour nous. Finalement, tout s’est extrêmement bien déroulé, tant d’un point de vue sportif qu’au niveau de la vie commune. C’est un cadre qui nous a permis de tisser des liens forts entre nous», réagit Cédric Mora

Le Mont n’a pas marqué, mais a ramené un bon point de Wil

Des liens étroits qui se sont ressentis à l’occasion de la reprise, où les Montains sont allés chercher un point à Saint-Gall, face au FC Wil: «Si c’est un bon résultat? C’est un excellent résultat! Jamais le Mont n’avait ramené de points de Wil, c’est dire». Si le résultat ne manque pas de réjouir le coach assistant, le fait que son équipe soit, à nouveau, ressortie d’une rencontre sans marquer le moindre but ne lui a, évidemment, pas échappé: «C’est vrai, enchaîne-t-il, et il faudra bien qu’on s’améliore de ce côté-là du terrain. Après, cela m’inquiéterait si l’on ne se procurait pas la moindre occasion. Cependant, vous l’avez bien vu, ce n’est pas le cas. Ridge Mobulu, Hélios Sessolo, Luis Pimenta, Patrick Bengondo… des joueurs offensifs de talent, ce n’est pas ce qui manque. Mais on ne peut pas se voiler la face, douze buts en dix-neuf confrontations, c’est peu, trop peu. On a un problème de confiance devant les buts, à nous de réussir à reproduire en match ce qu’on produit à l’entraînement».

«Nous ne sommes plus une roue de secours»

Désireux de compenser le départ de Lucas pour Lucerne et de renforcer un secteur défensif qui peut, légitiment, faire sa fierté (19 buts encaissés en autant de matches – troisième défense de Challenge League), Le Mont a tapé deux gros coups sur le marché des transferts: deux retours dans le canton de Vaud, ceux d’Anthony Favre et de Cabral, qui ont tous deux portés le maillot du Lausanne-Sport: «C’est la preuve qu’aujourd’hui, on prend notre club au sérieux, jubile Cédric Mora. Nous ne sommes plus une roue de secours, les joueurs viennent vers nous. C’est, en tout cas, une super nouvelle que de pouvoir accueillir deux joueurs d’une telle expérience».

Deux autres renforts défensifs

Autres arrivées, également à vertus défensives, celles de Kaja Rogulj, en provenance des M-21 du FC Lucerne, et de Anis Ramcilovic, des M-21 du FC Aarau: «Les joueurs offensifs, là-dedans? Je vous l’ai dit, on a pleinement confiance en notre effectif actuel. Des attaquants de talent, on en possède. Des joueurs capables de surprendre l’adversaire, amener le danger et marquer des buts, ce n’est ce qu’il manque», explique l’ancien boss du Stade Payerne.

Un œil sur la cinquième place, juste au cas où

Le public montain pourra se faire une première idée de la qualité de ce FC Le Mont version 2017 ce dimanche, puisque John Dragani et ses hommes recevront Chassio sur les coups de 15h. Face au huitième du championnat, qui ne pointe qu’avec quatre unités de retard, les Vaudois (6e – huit points d’avance sur la barre) auront déjà l’occasion de faire un grand pas en direction de leur objectif principal, le maintien. S’ils l’obtiennent assez tôt ce printemps? Cédric Mora ne préfère pas y penser trop vite, mais possède bien une petite idée d’où il se verrait bien, lui, l’ensemble du staff et les joueurs, au mois de juin: «Le maintien, c’est la priorité absolue, c’est clair! Après, disons que si on avait quatre ou cinq points de plus à l’heure actuelle, cela ne serait pas totalement volé. Ce sont, justement, les points qu’il nous manque pour figurer parmi le groupe des poursuivants. Alors, sans trop y penser non plus, on va garder un œil sur cette cinquième place, juste au cas où».

Un article rédigé par Florian Vaney

À lire également