Parti de Suisse depuis bientôt 4 ans, Salvatore Barbaro dit “Toti”, pierre angulaire des belles années du FC Aigle, continue à marquer des buts. Installé depuis juillet 2017 dans le nord de l’Espagne, il a fait les beaux jours de plusieurs clubs, mais, dorénavant, il est semi-pro au sein de l’équipe de Valdesoto, qui joue en 4e division espagnole. Footvaud a pris de ses nouvelles après une défaite 3-0… C’était dimanche soir.

Content de vous avoir au téléphone, comment ça va « Toti » ?

C’est un peu dur de vous avoir en ligne ce soir (NDLR Dimanche), car on vient de perdre (NDLR : 3-0 contre CD Llanes), mais sinon, je vais bien.

Pouvez-vous raconter où vous en êtes ?

Je joue avec Valdesoto CF, un club qui se situe dans les Asturies, au nord de l’Espagne. On évolue dans le championnat de “Tercera Division”, qui équivaut à la 4e division espagnole. Je dirais, pour les lecteurs de Footvaud, que l’on peut comparer au niveau de la Promotion League. C’est ma première saison avec eux. Après mon opération des ligaments croisés, j’ai recommencé à taper le ballon dans des ligues inférieures, pour 4 équipes différentes, dont le niveau était semblable à la 2e inter ou 2e ligue. J’ai été meilleur buteur. Depuis que je suis à Valdesoto, c’est plus compliqué.

Pouvez-vous nous raconter ?

Déjà qu’avec le COVID, il y a des soucis économiques, mais c’est également difficile de garder le rythme. Il y a les quarantaines, les cas contacts… Ce n’est pas top pour la préparation. C’est vraiment une année bizarre. Ensuite, notre club est actuellement avant-dernier et devra se battre contre la relégation. Et cela s’annonce difficile…

Vous êtes arrivé à Valdesoto avec le statut de semi-pro, mais la saison est compliquée.

Oui, on va commencer les play-out. Les 5 derniers de notre championnat, ainsi que 6 d’un autre vont s’affronter sur 11 rencontres et les 5 plus mauvais seront relégués en 5e division… Ça va être très compliqué. On va faire le maximum de points possibles, mais les signaux ne sont pas très positifs.

Individuellement, quel bilan tirez-vous?

J’étais heureux de retrouver un niveau plus élevé après « seulement » 2 saisons complètes en Espagne. Je suis arrivé en juillet 2017, mais j’ai été opéré aux ligaments, ce qui m’a éloigné 18 mois du foot. Cela fait donc 2 ans et demi et je suis vraiment sur les terrains espagnols. L’entraîneur est venu me chercher, car ce dernier avait besoin d’un attaquant qui évoluait dos au but. Ensuite, il y a eu des changements tactiques, et le club a joué très défensif, car il venait d’être promu (NDLR : Valdesoto CF fait l’ascenseur depuis des années). C’était très difficile, c’est une année de transition. Je n’ai pas eu beaucoup de minutes, mais j’ai néanmoins réussi à inscrire deux buts.

Et comment vivez-vous cette situation, autant moralement que physiquement ?

C’est compliqué. Tu te retrouves sur le banc, sans jouer ou seulement quelques minutes. Et quand je marque, l’entraîneur ne me titularise pas lors du prochain match. Aujourd’hui (NDLR Dimanche), j’étais aligné d’entrée, j’ai donné le meilleur de moi-même, mais cela n’a pas suffi. Mon rôle, en tant qu’attaquant, est d’avoir au moins un but et une passe décisive. Psychologiquement, c’est difficile, je me remets en question, mais finalement chaque semaine est différente et on travaille pour arriver au top le week-end.

Après une saison faite plus de bas que de hauts, qu’envisagez-vous pour le prochain exercice ?

Aujourd’hui, j’ai des projets au niveau professionnel (NDLR « Toti » est responsable de projets dans une entreprise d’exports de marchandises en Afrique). Mais, j’ai encore des rêves en foot. Si je pouvais en vivre, je ne dirais pas non, mais avec mon expérience, je réfléchirais à deux fois avant d’accepter une proposition d’une année. Avec les années, j’analyse mieux les situations, ce que l’on me propose. Je sais ce qui paie mes factures. Après, s’il y a un projet avec une suite après ma carrière, cela me plairait. Pourquoi pas dans le scouting ou répresentants de footballeurs? Tout est possible, j’ai déjà des contacts avec plusieurs agences de joueurs et j’aime bien cette partie du foot.

Envisagez-vous un retour en Suisse ?

(On imagine le sourire sur son visage) Actuellement, non. Je suis parti il y a 4 ans en Espagne pour ma copine, j’ai dorénavant mon travail, ma stabilité. Tout se passe bien ici, donc je ne pense pas à la Suisse, même si mon frère, mes parents et mes amis me manquent.

Quand on vous évoque le football amateur vaudois, à quoi pensez-vous Salvatore ?

(On devine un plus grand sourire) Le must, c’est mes années au FC Aigle. La montée en 2e inter, les péripéties, c’est inoubliable. La lutte pour être meilleur buteur avec Albin Bencivenga et Julien Jemmely est un très bon souvenir (NDLR: “Toti” l’a emporté lors de la saison de la promotion en 2e inter). J’ai également été entraîné par mon père, une fierté de plus durant ces belles années.

On a entendu dire que vous aimiez bien regarder Footvaud.

C’est vrai (il rit). Je continue à suivre les clubs vaudois et valaisans et quand le moral est un peu bas, je cherche les articles où mon nom est évoqué, ça fait du bien, ça me remotive. J’aime bien y jeter un coup d’œil et je suis flatté de votre intérêt.

Footvaud vous remercie et vous souhaite bonne chance pour la suite de la saison !

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