“On craignait ce déplacement, c’est sûr, on était quand même chez le leader! Mais le coach avait été clair: on devait repartir d’ici avec les trois points. Bavois a très bien commencé le championnat, mais on voulait montrer qui était le FC Meyrin. Cela fait des années que ce club est dans le haut du tableau de 1re ligue, c’était important de rétablir un peu les choses.” Jean-Michel Monteiro, le nouveau latéral droit du FC Meyrin, a raison. Il y a encore quelques années, imaginer Bavois être favori face à une équipe comme Meyrin en aurait fait sourire quelques-uns. Mais c’était bien le cas, mercredi soir en match à rattraper de 1re ligue Classic. Les hommes de Bekim Uka ont en effet accueilli les Genevois en position de leader, et en étant toujours invaincus. Le résultat du match? 1-5, sec.

Bekim Uka: “Si on avait mis le 1-0…”

Le FC Bavois avait trop d’handicaps à remonter pour espérer quelque chose dans cette partie? La fatigue après le match face à Bienne en Coupe suisse (0-4), plusieurs joueurs majeurs en phase de reprise et, donc, en manque de rythme (Nicola Zari, Raphaël Cottens, William Luckhaupt, Kevin Hill), Omar Bellagra blessé et Ayoub Rachane suspendu. Cela faisait déjà beaucoup avant le match. “Je craignais que l’on démarre mal. Et en voyant le début de l’échauffement, je n’étais pas beaucoup plus rassuré”, expliquait Bekim Uka après le match. Pourtant, ses joueurs sont entrés très fort dans la partie. “C’est vrai, on a plutôt bien joué dans les vingt premières minutes. Et si on avait mis le 1-0, cela aurait pu être différent…”. Ce but libérateur aurait pu tomber plusieurs fois. La meilleure occasion a sans doute été pour Muamer Zeneli, mais son puissant coup de tête passait au dessus.

Un autogoal et une expulsion en cinq minutes

Dommage, çar quelques minutes plus tard, Esteban Rossé, tout seul, déviait un centre qui ne semblait pas forcément dangereux… dans le but de Christopher Meylan! 0-1 à la 25e, et bientôt le coup de grâce. Cinq minutes plus tard, Hicham Bentayeb effectuait en effet une faute indiscutable en position de dernier défenseur et était logiquement expulsé. Et comme le défenseur central a commis cette faute dans les seize mètres, la sanction était double. Jean-Philippe Lebeau sur penalty, cela donne rarement autre chose qu’un but, et Christopher Meylan, n’y pouvait de nouveau rien. 0-2 à la mi-temps, à dix contre onze, avec tous les paramètres déjà annoncés avant la rencontre: Bavois n’avait plus aucune chance.

Bavois a failli refaire le coup d’Echallens

Et pourtant… Cette équipe-là a du caractère, ce qu’elle a déjà prouvé à Echallens (lire ici), en allant chercher un point à dix. Ainsi, le FC Bavois a tenu jusqu’à la 74e, jusqu’à ce qu’Allan Eleouet, tout juste entré en jeu, réalise une jolie percée côté droit. Son tir était dévié par Fabio Monteiro, mais Micael Martins avait bien suivi. 1-2, à un quart d’heure de la fin, l’espoir revenait! D’autant plus que Nicola Zari, qui se remet gentiment de son doigt de pied cassé, faisait son entrée. Et si Bavois est une belle équipe même sans lui, beaucoup de choses changent dès que le n°8 apparaît sur le terrain. A ce moment-là, clairement, Bavois pouvait penser revenir dans ce match et aller chercher une égalisation qui aurait été plus qu’héroîque.

Meyrin, candidat aux finales, comme chaque année

Mais la montagne, cette fois, était trop haute. Car Meyrin est une très belle équipe, qui a l’expérience pour gérer ce genre de matches. Et Jean-Philippe Lebeau pouvait inscrire le 1-3 d’un tir dévié, hors de portée de Meylan. Le 1-4 et le 1-5? Anecdotiques. “On a senti qu’ils étaient fatigués après leur match de Coupe face à Bienne, c’est sûr. On a su en profiter et revenir dans ce championnat. On a mal débuté, il nous manque en tout cas six points. On a perdu des matches qu’on n’aurait jamais dû perdre, sur des erreurs individuelles. Notre but, il est clair, c’est la montée”, commentait Jean-Michel Monteiro, arrivé cet été de Fribourg aux Arbères. L’ancien latéral droit, révélé à la 1re ligue au FC Baulmes, et ensuite passé par Yverdon, se sent bien à Meyrin: “On a un bon groupe, avec des super-joueurs. Si je suis venu ici, c’est parce que ce club a de l’ambition, et est sérieux. Etre aussi régulier en haut de classement depuis des années, ce n’est pas un hasard.” Meyrin, candidat aux finales, c’est une certitude.

Bavois doit apprendre à gérer ses temps faibles

Et Bavois? “Tout le monde s’enflamme en nous voyant premier, mais je trouve cela positif. Cela fait rêver un peu, mais on sait bien qu’on ne gagnera pas tous les matches. Ce soir, c’est parti dans l’autre sens, bon, on ne va pas se rendre malades pour ça. On a joué soixante minutes à dix, et c’est vrai qu’on a laissé des forces contre Bienne. Mais on le savait, les matches s’enchaînent, on ne découvre pas ça ce soir. Ce qui m’embête, c’est qu’on perd encore un joueur ce soir, Hicham Bentayeb. D’autres sont en train de revenir, mais ils manquent encore un peu de rythme”, soulignait Bekim Uka. Bavois a perdu ce soir, mais reste sur la barre, ce qui le place toujours en position de finaliste, avec 13 points en 6 matches. Il faudra quand même réagir, car les Bavoisans n’avaient pas encore perdu cette saison, et ils viennent de prendre neuf buts en deux matches, face à Bienne et Meyrin. Rien de grave, mais le grand buteur qu’était Bekim Uka sait bien que la confiance est dure à faire venir, et facile à faire partir…

Bavois doit progresser dans la gestion de ses matches. Les grandes équipes, quand elles ne sont pas au mieux, savent préserver l’essentiel. Cela passe par ne pas commencer une partie par un autogoal et une faute de dernier recours. Et cela a un nom: l’expérience.

Les hommes du match

Muamer Zeneli n’a rien lâché pour le FC Bavois. Il n’a pas été exceptionnel, loin de là, mais ses appels ont fait du mal à la défense genevoise et il aurait pu ouvrir le score. Il n’est pas un pur avant-centre, mais il fait tellement de bonnes courses et ses accélérations sont si tranchantes qu’il est bon dans ce rôle. Et ses plombs du gauche font du dégât, quel que soit le poste qu’il occupe. Match tout à fait correct de Renatus Boniface également. Il a été moins bon en deuxième période, mais sa première mi-temps a été de haut niveau. Il n’a pas toujours la tâche facile, seul en numéro 6, mais il a le volume de jeu pour compenser. Il a même évolué en défense centrale en fin de première période, après l’expulsion de Bentayeb et avant l’entrée en jeu de Luckhaupt.

Du côté de Meyrin, Jean-Philippe Lebeau est toujours aussi fort. Le capitaine des Genevois est une des valeurs sûres de cette 1re ligue. Arrivé à Meyrin lors de la saison 2005-2006, le Français n’en est jamais parti. Son but du 1-3 a été celui de la libération. Et il est tellement fort dans le jeu… Gros match également de Cédric Tsimba. L’ailier droit meyrinois a posé bien des problèmes aux Bavoisans et ses duels avec Frédéric Gilardi ont été aussi spectaculaires que disputés.

Les prochains rendez-vous

Le FC Bavois a une chance de se rattraper face à d’autres Genevois, a priori moins redoutables que le FC Meyrin. C’est en effet Lancy qui se déplacera aux Peupliers, samedi 21 septembre, à 17h. Les Meyrinois accueilleront Yverdon Sport, le même jour, au Stade des Arbères. Coup d’envoi à 18h.

FC Bavois – FC Meyrin 1-5 (0-2)

Buts: 25e Rossé, autogoal 0-1; 32e Lebeau, pen. 0-2; 74e Martins 1-2; 79e Lebeau 1-3; 83e et 86e Besnard 1-5.
Arbitres: M. Waeber, assisté de M. Pamberg et de M. Pellaux
Bavois: Meylan; Kurtic, Bentayeb, Rossé, Gilardi; Renatus, Helder Amorim (75e Zari), Malgioglio (72e Eleouet); Martins, Zeneli, Lauper (46e Luckhaupt).
Entraîneur: Bekim Uka.
Meyrin: Fabio Monteiro; J.-M. Monteiro, Da Roxa, Da Costa, De Oliveira; Mazolo, Lebeau, Leal (65e Loureiro); Tsimba, Besnard (87e Paulo Soares), Allali (82e Blanco).
Entraîneur: Bruno Codeas.
Notes: Les Peupliers. Expulsion de Bentayeb (31e, dernier recours).