Le FC Grandson-Tuileries est premier du groupe 2 de 2e ligue après quatre journées. Pas une surprise pour son entraîneur, lequel estime tout simplement que le travail paie. Tout le monde s’est remis en question cet été et le FCGT s’entraîne désormais quatre fois par semaine! Du coup, Carlos Rangel veut croire son équipe capable de rester finaliste après avoir battu Orbe (5-1), Vallorbe (3-2), Prilly (3-2) et obtenu un nul sur le terrain de Bosna (0-0). Seul point noir de ce début de saison, le Colombien s’est fracturé un métacarpe de la main droite (et fissuré deux doigts) en tapant d’énervement sur la table à la mi-temps du match contre Vallorbe. Le bilan? Une plaque et quinze vis dans la main. Interview.

 

Coach, comment expliquer ce début de saison réussi? 

Le travail paie, tout simplement. Vous savez, la saison dernière, je n’étais pas satisfait de l’implication de l’équipe et je vous l’avais dit (lire ici). Alors, on a eu une sérieuse discussion cet été avec tout le monde.

Qui a débouché sur une remise en question?

Oui.

Vous avez réussi à passer à trois entraînements?

Même mieux. On est à quatre aujourd’hui.

Pardon?

On s’entraîne le lundi, le mardi, le jeudi et le samedi matin quand on joue le dimanche.

Et vos joueurs suivent?

A part ceux qui travaillent le samedi matin, c’est-à-dire un ou deux, oui. De toute façon, j’avais été clair avec tout le monde, en présence du comité. Je voulais qu’on exploite notre potentiel et cela passait par le travail. Et cela venait aussi d’eux, ils étaient demandeurs. Ils voulaient une meilleure préparation. Je leur ai dit que j’étais d’accord, mais que cela passait par plus de présence. Et ça fonctionne.

Du coup, vous n’êtes pas surpris de la première place après quatre journées?

Je ne suis pas surpris de la qualité de l’équipe, non. Vous savez, j’étais surtout frustré les années précédentes, parce que je sentais que ce FC Grandson pouvait jouer les premiers rôles, mais j’estimais que les joueurs ne mettaient pas assez la priorité sur le football. D’accord, on est en 2e ligue et la vie est plus importante que le foot à ce niveau, mais quand même… Désormais, j’ai l’impression que les joueurs mettent plus d’implication. Et ça paie.

Il n’y a pas que ça?

Non, bien sûr. Aujourd’hui, j’ai des joueurs à tous les postes et ceux-ci sont doublés. Il n’y a plus de gars qui jouent par défaut, j’ai envie de dire, ou même qui ne jouent pas à leur poste. Il y a de la concurrence et on a recruté intelligemment, en ciblant nos manques. Chez nous, le groupe est plus important que tout. On a amené trois joueurs à des postes spécifiques, comme latéral ou défenseur central, et c’est tout.

Vous pensez que Grandson peut rester à cette place de leader jusqu’à la fin?

Oui, complètement. Il faut juste que tout le monde en prenne conscience. Moi, de toute façon, je suis ambitieux et je vise une place dans les trois premiers. Et les joueurs aussi! Ce sont eux qui ont envie d’être là et ce sont eux qui font les efforts. Vous savez, on a une phrase sur notre site internet: “Nous irons ensemble aussi haut et aussi loin que les joueurs nous emmèneront”

Ca ne veut rien dire, les trois premiers… Les deux premiers sont finalistes, vous le savez bien.

Je suis ambitieux, pas prétentieux. On sort d’une saison où on a frôlé la relégation, je ne vais pas vous dire qu’on doit être finaliste absolument. Je pense qu’un club doit grandir par paliers et qu’on doit penser à se stabiliser en 2e ligue, à jouer le haut du tableau, avant de penser plus haut.

Vous pensez que Grandson, à terme, peut viser la 2e ligue inter?

Pas aujourd’hui et pas demain. Si on monte et qu’on n’est pas prêts, ça sert à quoi? Il y a un proverbe colombien qui dit: “Je préfère être la tête de la souris que la queue du lion”. Voilà, c’est mon état d’esprit. Travaillons bien en 2e ligue et dans quelques années, quand tout le club aura progressé, peut-être qu’on pourra franchir ce pas. Mais on ne peut pas monter en 2e ligue inter et y perdurer si on n’a pas été dans les premières places en 2e ligue pendant quelques années. Je parle pour nous, pas pour les autres.

Un joueur comme Renato Provenzano, votre meneur de jeu, explose actuellement. Que pensez-vous de lui?

Cela fait longtemps que je dis que c’est le meilleur joueur du FCGT. Techniquement, déjà, parce qu’il a des qualités au dessus de la moyenne, mais aussi dans l’attitude. Quand je vois certains numéros 10 dans les autres clubs, ils se reposent sur leurs qualités. Pas lui. Il a la hargne, la bonne attitude, et c’est un gagneur. En plus, il marque.

Il est prêt pour aller plus haut?

Il doit muscler son jeu encore. C’est tout ce qui lui manque. Après, il est bien chez nous, laissez-le encore un moment (rires).

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