Âgé de 31 ans, Andreas Kessler voit le temps filer, mais le polyvalent joueur reste fidèle à son club de toujours : le CS La Tour-de-Peilz. Portrait d’un sympathique jeune homme dont le football est sa passion, mais pas autant que la pêche !

Né à Vevey, Andreas Kessler commence pourtant le football à La Tour-de-Peilz, car le stade était plus proche de chez lui. À 8 ans, il entame sa « carrière » de footballeur non pas au sein des « Jaune et Bleu » comme attendu pour un enfant qui grandit dans le chef-lieu du district Riviera-Pays-d’Enhaut, mais bien chez les « Rouge et Blanc ». Le talentueux milieu défensif grimpe les échelons jusqu’à atteindre la seconde garniture à la sortie de l’adolescence (ou en plein dedans, c’est selon).

La 3e ligue, où la « deux » évoluait en 2005, accueille donc Andreas Kessler pour ses premiers pas chez les « adultes », et toujours avec le maillot de La Tour sur le dos. Rapidement, il s’entraîne avec la « une » et joue ses premiers matchs en 2e ligue. Il participe à la plus belle épopée de ces dernières décennies du club, centenaire cette année (Les « Boéland » ont été promus en 1re ligue en 1949, en 1971 et en 1981). Malheureusement, l’équipe est reléguée et n’a plus revu la 2e ligue depuis.

À 1 point des finales

L’enseignant au gymnase d’Yverdon se remémore ces bons moments : « On avait d’excellents joueurs, mais on n’a jamais réussi à remonter. On n’était pas assez sérieux, on prenait le foot un peu trop à la légère. L’équipe évoluait toujours dans le haut de la hiérarchie, mais on n’était pas vraiment frais en arrivant sur le terrain. On était jeunes même si on avait pas mal “d’anciennes gloires”, mais tous aimaient bien sortir le soir avant les matchs… Une fois, par exemple, on avait besoin d’un point, on jouait contre Ollon qui était en fin de classement. On perdait 1-0, on n’est jamais revenu. On a fini par en prendre 3… » Pourtant, aucun regret n’est perçu dans sa voix et il n’est pas homme à en avoir.

La carrière d’Andreas Kessler est passée par de nombreuses positions sur le terrain. L’homme à un seul maillot raconte: « J’ai donc commencé en 6, mais dès que je suis arrivé chez les actifs, j’étais sur les ailes ou au milieu, en fonction des besoins. Ensuite, on m’a placé latéral droit. C’était chouette, j’étais très offensif. Je pouvais souvent monter et j’ai pas mal scoré. J’ai toujours voulu jouer un cran plus haut, mais le poste ne m’allait pas si mal. J’allais assez vite à l’époque et en poussant le ballon, je me créais de l’espace. C’était une position intéressante. Physiquement, j’étais bien. Mais, après il fallait revenir derrière et il n’y avait pas encore toutes ces permutations, comme maintenant. Le mélange entre l’attaque et la défense était le nerf de la guerre. »

Dorénavant ailier, le jeune homme de 31 ans continue de jouer, évidemment, avec La Tour, en 3e ligue, depuis plus de 10 ans. En très mauvaise posture, la « une » pointe au 9e rang avec 3 unités d’avance sur la barre… « Selon les scénarios imaginés par la « Vaudoise », ça va être compliqué, mais c’est un beau challenge de se sauver cette saison. Si on doit terminer le premier tour et s’arrêter là, on devra affronter Rapid Montreux, premier, et Villeneuve, quatrième… », détaille Andreas Kessler.

Habitués ces dernières années à se battre contre la relégation, les « Boélands » n’arrivent pas vraiment sortir de cette spirale négative. « Cela fait 4-5 ans qu’on est dans le fond du classement. On avait une bonne équipe, mais les joueurs partent, il y a un tournus. On a perdu des footballeurs de qualité. Le club a fait le choix d’évoluer avec ceux de la région. Nos jeunes n’atteignent pas la « une » ou s’en vont ailleurs. Aujourd’hui, les entraîneurs arrivent avec leur effectif et repartent avec. C’est la réalité du foot des talus… En plus, certaines formations paient leurs joueurs. On ne pratique pas ça chez nous ! »

Une passion plus forte: la pêche

Arrivé dans les années 90 au sein de la formation de la Riviera, l’homme au seul club tente de donner une explication à sa fidélité : « Je dois avouer que ça n’a pas grand-chose à voir avec le foot, plaisante-t-il. Outre le ballon rond, j’ai encore une passion plus forte, la pêche. Dès lors, pour combiner les 2, c’était plus simple de rester à La Tour. Mais, je me sentais très bien dans ce club. Les entraîneurs ont toujours été très bons ici. J’aurais peut-être pu jouer en 2e inter ou 2e ligue, mais ce n’était pas ce que je recherchais. C’était attrayant avec de meilleurs arbitres, des juges de touche et une approche du foot plus sérieuse. J’ai eu des offres à droite à gauche, mais il fallait s’investir davantage et avec la vie professionnelle, les hobbies et la copine, c’était trop compliqué. »

De plus, au fil des années, Andreas Kessler prend du galon. « J’aime mon rôle. Je suis le capitaine, je suis l’un des plus âgés. Je joue avec les potes, je peux davantage influer sur l’équipe. Il y a une bonne ambiance chez nous. Bon, j’avoue que je ne peux pas connaître comment c’est ailleurs. Mais, vu de l’extérieur, on m’a dit que c’était un chouette club », rigole-t-il.

Le deuxième tour (ou la fin du premier) n’a toujours pas commencé et ne débutera peut-être jamais, mais le capitaine des « Boélands » souhaite que La Tour soit maintenue en 3e ligue. Il aimerait aussi que des juniors arrivent chez les actifs. « Mais pas à n’importe quel prix, il est nécessaire de garder notre identité régionale, parfois cela fait notre faiblesse, parfois notre force ». Et que peut-on souhaiter à Andreas Kessler ? « J’aimerais pouvoir jouer au foot le plus longtemps possible, c’est un super sport et je voudrais rester jusqu’au bout avec La Tour, ça serait chouette », termine-t-il avec son plus grand sourire.

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