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Quelques secondes après la victoire de son FC Bussigny face à Vignoble samedi soir (2-0), Alain Ruchat a réuni son équipe au centre du terrain. L’entraîneur du FCB venait de recevoir la confirmation du succès de Corcelles-près-Payerne dans le même temps, lequel privait son équipe de la promotion en 3e ligue. Pas de quoi rigoler, donc, malgré le dernier succès de la saison, à domicile. Il a dit au revoir à chacun, puis est allé remonter les buts, comme après chaque match. Tout seul, il a fait le tour du terrain pour ramasser les poteaux de corner et les ranger, avant de discuter un peu avec les spectateurs et de rentrer chez lui. Ainsi se sont terminées 16 années au service du FC Bussigny. Sans un merci, sans une bouteille de vin, sans une poignée de mains.

“Cette indifférence, elle m’a fait mal”

Trois jours après, l’ancien attaquant du LS a encore de la peine à digérer. «Je ne demandais pas la fanfare du village et un tour d’honneur, mais quand même… Après toutes ces années-là et tout le boulot effectué, j’aurais aimé ne pas partir dans l’anonymat le plus complet. Cette indifférence, elle m’a fait mal», regrette celui qui a tout donné pour son club de cœur. «Mes couleurs, c’est le jaune et le noir. J’habite ici, j’ai commencé le foot ici. Je méritais un peu plus de respect. De nouveau, pas tout le stade au garde-à-vous, mais juste un peu de reconnaissance. Même si je sais qu’il ne faut pas en attendre dans ce milieu…».

Un licenciement appris la semaine pendant les finales

Trois jours avant, le jeudi, il était allé vers le président et le vice-président du FC Bussigny pour leur parler de la saison prochaine. «Je leur ai parlé de nos recrues potentielles, quatre joueurs et un gardien. Je voulais simplement faire le point avec eux et anticiper la saison prochaine. Là, ils m’ont regardé un peu gêné et m’ont expliqué que ce serait sans moi. Comme ça, à deux jours d’un match de finales lors duquel on pouvait encore monter ! Je n’en croyais pas mes oreilles… Ils m’ont expliqué qu’ils avaient auditionné les joueurs et qu’il fallait du changement. Le samedi, j’ai fait ma théorie comme d’habitude, en motivant les gars et en mettant en place le système qui allait nous faire battre Vignoble. A la fin, je leur ai dit que je ne pourrais plus jamais les regarder de la même manière, parce que je pensais que j’étais suivi par une bande de potes et que ce n’était pas le cas. »

En sortant du vestiaire, ils sont tous venus, un par un, vers lui. «Ils m’ont tous dit qu’ils n’avaient pas été auditionnées», soutient l’ancien attaquant, qui a appris par la suite que trois de ses joueurs avaient parlé contre lui.

“Ce que je regrette, c’est la manière”

Alain Ruchat n’est donc plus l’entraîneur du FC Bussigny, lui qui y est arrivé il y a 16 ans comme responsable technique, et entraîneur de diverses équipes de jeunes. «Il y a quatre ans, après la relégation en 4e ligue, j’ai accepté de reprendre l’équipe. On a fait des belles saisons, avec des hauts et des bas. Ce que je regrette, c’est la manière. C’est intolérable. Je suis assez grand pour comprendre les choses et les accepter. Chaque hiver, on organise un camp de quelques jours, à Leysin. On fait du hockey, du ski de fond, on soude le groupe. S’ils étaient montés là, en janvier, discuter un peu au calme et me dire qu’ils pensaient changer quelque chose en juin si on ne montait pas, j’aurais été le premier à comprendre et à l’accepter! Je connais assez le football et j’aurais passé un superbe deuxième tour, en les aidant à choisir mon successeur et en laissant ma place le cœur léger. J’aurais repris mon boulot de responsable technique et tout le monde aurait été content. Mais là, quand ils m’ont proposé lundi de continuer dans ce rôle, deux jours après le coup qu’ils m’ont fait, j’ai dû me retenir entre rigoler et exploser!»

38 minutes de cauchemar qui ont ruiné une saison

Alain Ruchat, deux ans de LNA avec le LS et cinq de LNB avec Yverdon, Carouge et Renens, a donc quitté Bussigny ce week-end et en gardera longtemps un souvenir de tristesse et de colère. «L’équipe s’était fixé comme objectif de monter. On a terminé premiers du groupe au terme d’une superbe saison. On a eu des joueurs importants qui se sont blessés, d’autres qui ont été absents un long moment, mais le groupe a toujours répondu présent. Et on a tout perdu en 38 minutes lors du premier match des finales!». En clair? Lors du premier match face à Corcelles, son gardien s’est fait expulser en première période, sur un geste largement évitable. Et en deuxième période, un autogoal a définitivement envoyé les Broyards vers la victoire. «Si on n’avait pas perdu ce premier match, je suis convaincu qu’on montait.» Le mardi, Bussigny menait 0-3, puis 1-4, sur le terrain d’Azzurri, avant de terminer inexplicablement à 4-4. Le dernier succès face à Vignoble devenait donc malheureusement inutile même si, on l’a dit, au coup d’envoi tout était encore jouable. Comment tuer une saison en deux parties de match ratées, donc.

“Mais même si on était montés, ils m’auraient viré quand même. La décision était prise depuis quelques semaines, j’en suis convaincu”, continue celui qui n’a jamais compté ses heures ni son implication. “Le président est à ce poste depuis deux ans, mais je le connais depuis longtemps. Je n’aurais jamais imaginé cela possible. De nouveau, être licencié, cela arrive à tous les entraîneurs du monde, mais en ce qui concerne la manière, je pensais que c’était réservé à l’élite et au monde professionnel. J’ai appris à mes dépens qu’en 4e ligue, cela pouvait également se passer ainsi.”

Rester comme responsable technique, c’et non

Ne se voyait-il vraiment pas rester comme responsable technique et prendre un peu de recul avec tout ça après quelques semaines de vacances? «J’espère que cette question est une blague, après ce qui vient de se passer. Mais vous savez, j’ai reçu une bonne éducation, merci mes parents. Si je les croise dans la rue, ceux qui m’ont fait ça, je ne changerais pas de trottoir. Je peux même leur serrer la main et je peux même m’imaginer boire un café avec l’un d’eux après un match du LHC, vu qu’on fréquente les mêmes endroits. Mais collaborer avec eux, il ne faut quand même pas exagérer», s’emporte-t-il.

16 ans qui resteront dans sa mémoire

La suite? Alain Ruchat se donne le temps de la réflexion. «Il faut que le soufflé retombe un peu.» A-t-il déjà reçu des propositions? «En football, tout se sait toujours très vite, vous savez…» Il rebondira très vite, c’est sûr, et il n’oubliera jamais ces 16 ans passés à Bussigny. Il aurait simplement préféré une fin différente.

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