« Je suis là pour contribuer au jeu et à son intégrité, peu importe mon genre »

Blerta Berisha, une arbitre féminine, brise les barrières en officiant jusqu’en 2ème ligue masculine. Elle partage avec nous son expérience unique en tant qu’arbitre femme et nous livre ses réflexions sur l’arbitrage dans un milieu traditionnellement dominé par les hommes.

Parle-nous de ton parcours footballistique ?

J’ai commencé le foot à l’âge de 11 ans à Lausanne Nord Academy anciennement connu sous le nom de Boveresses. Malheureusement, j’ai dû mettre fin à ma carrière à l’âge de 17 ans en raison d’une blessure aux ligaments croisés et au ménisque.

Étant une passionnée de football, j’ai voulu continuer de rester impliquée dans ce sport, et c’est pourquoi je me suis tournée vers l’arbitrage. Depuis 2019 jusqu’à aujourd’hui, je suis arbitre. J’ai fait une pause de 2 ans en raison des difficultés que je rencontrais en tant qu’arbitre. J’ai décidé de reprendre en 2023.

Blerta Berisha a évolué en juniors sous les couleurs du FC Boveresses.

“Étant une passionnée de football, j’ai ressenti le besoin de rester impliquée dans ce sport.”

Qu’est-ce qui t’a poussée à devenir arbitre et comment as-tu débuté dans cette carrière ?

J’ai été attirée par l’arbitrage grâce à ma passion pour le football et mon désir de contribuer à son bon déroulement. J’ai commencé en suivant des cours théoriques et en participant à des matchs pour acquérir de l’expérience.

J’ai commencé l’arbitrage en 2019, j’ai débuté en arbitrant des matchs de la catégorie Junior D et au fil des années j’ai arbitré les catégories Junior C, B et A. C’était une expérience précieuse qui m’a permis d’acquérir de l’expérience et développer mes compétences. En 2023, j’ai commencé à arbiter des matchs pour les équipes actives, commençant par la 4ème ligue et atteignant finalement la 2ème ligue en tant qu’assitante.

Quels sont les avantages et les inconvénients d’être une arbitre femme ?

Être une arbitre féminine présente de nombreux avantages, comme la diversité qu’elle apporte à l’arbitrage et la possibilité d’inspirer d’autres femmes à se lancer dans le sport. En tant que femme, je suis fière de représenter mon genre sur le terrain et de contribuer à l’égalité des genres dans le sport. Mais il y a aussi des inconvénients. Malheureusement, j’ai dû faire face à des attitudes discriminatoires, des stéréotypes de genre et même du manque de respect en tant qu’arbitre féminine. J’ai été confrontée à des défis tels que le sexisme et les préjugés, mais j’ai réagi en restant professionnelle et en signalant les comportements inacceptables aux autorités compétentes. Je refuse de me laisser décourager par ces obstacles et je reste déterminée à faire ma place dans ce milieu.

La place des arbitres femmes est encore à faire, dans un milieu majoritairement occupé par des hommes.

Selon ton expérience, quelle est la différence entre arbitrer un match féminin et masculin ?

Lorsque je suis sur le terrain pour arbitrer des matchs masculins, je suis souvent confrontée à un jeu plus physique, avec des contacts fréquents et intenses. Cela nécessite de ma part une gestion stricte de la discipline afin de maintenir le contrôle du jeu. Je dois communiquer de manière claire et autoritaire avec les joueurs, pour que mes décisions sont respectées. Les attentes des spectateurs et des entraîneurs sont généralement très élevées, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur mes épaules. Évoluant dans un environnement majoritairement masculin, je peux parfois être confrontée à des préjugés ou à des comportements sexistes, ce qui demande de la résilience et une grande confiance en moi pour gérer ces situations.

Lorsque j’arbitre des matchs féminins (ce qui est malheureusement encore rare), je fais face à d’autres défis et dynamiques. Ces rencontres sont souvent caractérisées par un jeu plus technique et tactique, avec des contacts moins fréquents et moins violents. Je dois avouer que ca peut influencer ma gestion des fautes et des sanctions, ainsi que ma communication avec les joueuses, qui peut être plus collaborative. Je suis toujours impressionnée par le niveau de compétence et d’intelligence tactique des joueuses, et j’essaie de créer un environnement où elles peuvent s’exprimer pleinement.

Comment penses-tu que ta présence en tant qu’arbitre féminine peut influencer la perception des femmes dans le sport et promouvoir l’égalité des genres ?

Ma présence en tant qu’arbitre féminine peut jouer un rôle essentiel dans la transformation de la perception des femmes dans le sport. En montrant que nous avons les compétences et la capacité de réussir dans des rôles traditionnellement dominés par les hommes, je contribue à briser les stéréotypes de genre. J’espère inspirer les jeunes filles à poursuivre leurs rêves sportifs et à croire en leurs propres compétences. Mon conseil pour celles qui aspirent à devenir arbitres ou à faire carrière dans le sport est de croire en elles-mêmes, de se former et de saisir les opportunités qui se présentent à elles. Il est également crucial de s’entourer de personnes bienveillantes et de mentors qui peuvent offrir un soutien et des conseils précieux tout au long de leur parcours.

Quelles mesures penses-tu que les instances sportives et les organisations d’arbitrage devraient prendre pour promouvoir la diversité et l’inclusion des femmes dans l’arbitrage et dans le sport en général ?

Les instances sportives et les organisations d’arbitrage ont un rôle crucial à jouer pour promouvoir la diversité et l’inclusion des femmes dans l’arbitrage et dans le sport en général. Pour cela, elles devraient mettre en place des mesures concrètes. Cela peut inclure la promotion active des arbitres féminines. Il serait peut-être bien de créer des programmes et des formations spécifiques pour les femmes, afin de les soutenir dans leur développement professionnel. Aussi, il est essentiel de sensibiliser les acteurs du sport à l’importance de la diversité et de l’inclusion, en mettant en avant les avantages qu’elles apportent à l’arbitrage et au sport dans son ensemble. En prenant ces mesures, les instances sportives et les organisations d’arbitrage peuvent contribuer à créer un environnement plus égalitaire et inclusif pour les femmes dans le sport. Je tiens à souligner que l’ACVF (Association Cantonale Vaudoise de Football) et l’ASF (Association Suisse de Football) font quand même un bon travail sur ce point-là.

Quels sont tes objectifs futurs en tant qu’arbitre féminine et comment espères-tu inspirer d’autres femmes à suivre tes traces ?

Mes objectifs futurs en tant qu’arbitre féminine sont ambitieux. Je veux continuer à progresser dans ma carrière, en acquérant de l’expérience dans des compétitions de haut niveau. Mon objectif est de représenter fièrement les femmes dans le monde de l’arbitrage. Je veux partager mon expérience, mes connaissances et mes conseils avec d’autres femmes, afin de les encourager à poursuivre leurs rêves et à surmonter les obstacles qui se dressent sur leur chemin. Je veux contribuer à la création d’un environnement sportif plus inclusif et égalitaire, où les femmes peuvent s’épanouir.

Rédactrice: Mélanie Fernandes

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