Coup de tonnerre dans le ciel footballistique lausannois! Alors que les Azzurri 90 viennent d’obtenir leur troisième promotion en trois ans, la deuxième sous les ordres de Jean-Philippe Karlen, celui-ci ne continuera pas l’aventure. L’ancien milieu de terrain de Servette et du LS a repris l’équipe en 2e ligue et a obtenu la promotion immédiate en 2e ligue inter, en battant Champvent deux fois en finale. Cette saison, les Azzurri ont effectué une saison parfaite, obtenant leur promotion en 1re ligue Classic à une journée du terme. Un bilan exceptionnel pour un technicien apprécié de ses joueurs.


Un regret, mais pas d’esprit de revanche chez “JPK”

Alors, pourquoi cette décision surprenante? “Franchement, je suis un peu déçu, j’aurais peut-être préféré que le président me le dise quelque mois avant, avec tous les bruits qui couraient, les rumeurs… Moi, je suis resté droit, concentré sur l’objectif: monter. C’est fait, et j’ai fait abstraction du reste. On a discuté cette semaine. Sa première phrase? Je ne sais pas si je vais te garder. Je lui ai répondu que dans sa phrase, il avait sa réponse. Avant même qu’il le dise, je lui ai dit que je m’en allais. Si je suis fâché? Non. Je n’ai pas envie de tirer à boulets rouges sur lui. Mais une chose que je sais, c’est qu’on se croise toujours deux fois”, explique “JPK”. Pas d’esprit de revanche chez lui, mais un regret, celui de ne pas avoir accompagné en 1re ligue ce groupe, composé d’énormément de joueurs qu’il connaît très bien (au point de les appeler “ses fils”). Un groupe très affecté, d’ailleurs.

Le désormais ancien technicien du club lausannois enchaîne: “Azzurri aura une bonne équipe l’an prochain, aucun doute là-dessus, et je leur souhaite le meilleur. Mon éviction? Elle est extra-sportive, c’est clair. Il y a quelques semaines, j’ai dit quelques vérités au président. Peut-être les a-t-il mal prises, je ne sais pas.” Une décision qui n’a rien à voir avec le terrain, forcément, où le bilan de Jean-Philippe Karlen parle pour lui.

“Quelqu’un d’extraordinaire sur le plan footballistique”

Antonio D’Attoli, le président des Azzurri, confirme: “La décision vient de moi, et de moi seul. Jean-Philippe Karlen est quelqu’un d’extraordinaire sur le plan footballistique. Je n’ai que du bien à dire de lui sur ce plan-là. Ce qu’il a fait durant ces deux ans mérite le respect et je l’en félicite. Vraiment, c’est sincère. Mais il s’est passé de choses entre lui et moi, dont je ne veux pas trop parler, mais quelque chose s’est brisé. Si je n’avais pensé qu’à l’équipe, il serait encore là, et vivrait cette aventure en 1re ligue. Mais je dois penser à l’ensemble du club. Et là, ce n’était pas possible. Ce n’est pas personnel entre lui et moi, mais cela touche au football. Disons que la relation entre le président et l’entraîneur n’était plus bonne. Mais j’aimerais vraiment insister: footballistiquement, il est extraordinaire, et ce mot n’est pas trop fort.”

Le président des Azzurri souhaite une séparation tout en douceur, sans trop de vagues, et annoncera le nom de son nouvel entraîneur dans les jours à venir. Pour que ce tremblement de terre ne fasse pas trop de dégâts et ne vienne pas perturber la marche en avant des Azzurri, qu’il espère toujours triomphale. Ce changement d’entraîneur sera-t-il un coup d’arrêt? A voir.

En ce qui concerne Jean-Philippe Karlen, désormais “sur le marché”, le téléphone peut sonner dans une semaine, un mois ou une année… “Au pire, je reprends ma carrière de joueur”, sourit-il, sans pression. Au vu de son CV et de ses compétences d’entraîneur, il ne devrait pas rester sans club très longtemps.