Vainqueurs 4-0 de l’Urania Genève Servette dimanche, les coéquipiers d’Hugo D’Aquino, auteur d’un Hat-trick en 17 minutes (!), poursuivent leur série positive. Excellents deuxièmes du groupe 1 de 2e inter, ils préfèrent garder les pieds sur terre, malgré d’évidentes qualités sur le terrain. Rencontre avec Leo Rossinelli, co-entraîneur en compagnie de Benny Bittarelli de cette jeune équipe ambitieuse.

Encore un succès qui porte cette incroyable série à 24 matchs sans perdre ! Quel est votre sentiment?

C’est un décompte que j’ai fait, mais je crois que je suis juste. C’est quand même fou d’arriver à un tel résultat. On est sur l’euphorie des victoires, non, pardon, des “non-défaites” (rires). Il faut surtout féliciter les joueurs, on les prépare durant la semaine, mais c’est bien eux qui sont sur le terrain le week-end.

Pourtant durant cette série, il y a eu, une promotion et sept rencontres à l’échelon supérieur, en 2e inter. Est-ce que selon vous, il n’y a pas un si grand saut entre les deux divisions ?

Non, il y a une différence de niveau. En 2e ligue, la plupart des équipes ont un point faible, alors qu’en 2e inter, il n’y en a pas. Chaque erreur se paie cash. Les formations sont plus homogènes, les joueurs offensifs sont également meilleurs. Les clubs ont tendance à mettre plus d’argent sur des individualités qui marquent des buts.

Notre moyenne d’âge doit se situer autour de 22 ans

Leo Rossinelli, co-entraineur de Pully

Si on se penche sur votre calendrier, on voit que vous avez déjà affronté des cadors, comme Lancy qui vient de descendre de 1re ligue. C’était lors du match d’ouverture et vous aviez récolté un point. Est-ce que cela a servi de tremplin ?

C’est difficile à dire, car on ne sait jamais comment se reconstruit une équipe après une relégation. On a fait un bon match avec un nul à la clef. C’est seulement à l’issue de la rencontre en discutant avec l’entourage des Lancéens que nous avions compris qu’ils avaient gardé le même budget.

Pour un néo-promu, vous êtes resté bien discret sur le mercato.

On ne voulait pas faire 40 transferts. On désirait se renforcer intelligemment, doubler les postes. La saison dernière, on a fini avec les trois attaquants les plus prolifiques de la ligue, on n’allait pas chercher un avant-centre avec un nom ronflant qui nous aurait couté 3’000 francs par mois.

On a perdu des gars d’expérience comme David Marazzi ou Yannick Favre, il fallait les remplacer. Maintenant, celui qui a le plus de bouteille, c’est Cédric Meier, 30 ans, qui a touché de la 1re ligue. On est conscients que l’on n’a pas beaucoup d’expérience, notre moyenne d’âge doit se situer autour de 22 ans, mais ça se passe très bien. Alors, pourquoi changer une équipe qui a beaucoup de talent?

Quelle est la recette de votre succès ?

On connait bien nos gars. Deux tiers de l’effectif, on le coache depuis les juniors C, on a instauré une routine avec eux. Chacun se connait très bien et chacun sait faire avec les qualités et les défauts de chacun. Tactiquement, on est bien organisé, on ne reçoit que peu de buts (NDLR : 0,85 de moyenne en 7 matchs). Cela fait plus de 30 rencontres que l’on évolue avec le même système et un système qui fonctionne. En plus, on est le petit nouveau dans la division, personne ne nous connait et nos adversaires sont surpris par la qualité de notre football.

On sait que les trois premiers ne devront passer qu’un tour préliminaire pour accéder à la Coupe de Suisse

Le vestiaire pulliéran est ambitieux et doit dorénavant regarder vers le haut. Comment le gérez-vous ?

Personnellement, je scrute les points d’avance sur le premier relégué pour l’instant, mais c’est vrai que les joueurs n’ont pas la même tendance (Rires). On sait que les trois premiers ne devront passer qu’un tour préliminaire pour accéder à la Coupe de Suisse. Ça donne des idées. Je pense déjà qu’il faut qu’on fasse 15-20 points pour être sauvé (NDLR : Pully a 11 longueurs d’avance sur CS Italien GE qui est pointé 13e, mais pas tous les clubs ont le même nombre de matchs). On a fait la moitié du chemin du premier tour et on a déjà joué toutes les équipes devant nous (NDLR Il rit, car il n’y en a qu’une). Idéalement, j’aimerais que l’on soit dans le coup le plus longtemps possible et ne pas être dans le ventre mou pour terminer la saison sans enjeu.

Le deuxième tour sera compliqué avec votre délocalisation…

Il faut vraiment refaire notre terrain. Aujourd’hui (NDLR Dimanche lors de la rencontre contre UGS), c’était à la limite du praticable… L’herbe sera remplacée par du synthétique. Les travaux débuteront en février-mars 2023 et durant ce laps de temps on évoluera à La Tuilière à Lausanne.

Merci, Léo Rossinelli, d’avoir pris le temps pour nous et désolé d’avance si Footvaud se métamorphose (à nouveau) en chat noir ce week-end.

Pully Football – Urania Genève Servette 4-0 (1-0)

Buteurs : 38e Liardet 1-0, 71e, 83, 88e, D’Aquino 2-0, 3-0, 4-0

Pully: Brasey : N. Rossinelli, Meier (88e Bittarelli), Lokengi ; Schlaefli © (62e Saldini), Hecker, Giordano (75e L. Rossinelli); Mast, LIardet; Mustafa (62e D’Aquino) ; Blackwell
Entraîneurs : Benny Bittarelli et Leo Rossinelli

UGS : Lachenal ; Correia, Pelenda, di Capua, Varela (72e Meugang Djoumbi) ; Pellet © (75e Cotting), Olivera ; Kungi (78e Chouikha) ; Da Moura (53e Bah), Belarbi (75e Conforto Galli), Abié

Entraîneur : Uros Cetkovic

Le mot de Leo Rossinelli sur la rencontre :

« Franchement, le score est sévère pour UGS. Il ne reflète pas vraiment la physionomie du match. A la 38e, on a marqué par Jules Liardet sur la seule occasion pour les deux équipes de la première mi-temps. En seconde période, on peut remercier notre portier Simon Brasey qui a fait des arrêts décisifs. En plus, sur l’une des parades, qui avait le poids de l’égalisation, sa relance nous permet de partir en contre et de doubler la mise par Hugo D’Aquino. Sur contre, il inscrira encore le numéro 3 et le numéro 4. Pour être honnête, le match était un peu une loterie avec un terrain qui était… immonde. Cette fois, ça a joué pour nous. »

Rédaction: Jeremy Damon
Photos: Pully-Football

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