Stade Lausanne Ouchy avait ramené 13 points de ses cinq dernières confrontations, Echallens Région pas un seul. Autant dire qu’on n’attendait pas franchement de surprises aux Trois-Sapins, ce vendredi soir, entre le leader, qui a déjà tourné le bouton en mode «finales», et le 7e, qui n’a plus à se soucier de la relégation depuis plusieurs semaines ni d’éventuelles finales depuis un peu plus récemment. Pourtant, les Challensois, comme à leur habitude, n’ont pas refusé le duel et auraient mérité d’arriver à la pause sur un score de parité. Ensuite? Stade a déroulé, offrant à l’assistance un florilège de mouvements collectifs impressionnants à ce niveau-là, et donnant, vraisemblablement, à quelques amoureux du ballon rond dans le Gros-de-Vaud l’envie de suivre d’un peu plus près ce qu’il va se passer au mois de juin du côté de Samaranch.

Echallens n’a pas refusé le duel

Cela va devenir compliqué de défendre cette équipe, qui s’est inclinée par trois buts d’écart lors de ses quatre derniers matches. Et pourtant, le constat est toujours le même: ce FC Echallens Région joue au ballon et produit un jeu attractif. Le même jeu attractif qui lui avait permis de prendre la mesure d’Azzurri fin mars, notamment. Ce vendredi soir, les hommes de Stéphan Cornu n’ont pas fait de complexes face à la meilleure équipe du groupe, à l’image de ce qu’ils avaient montré en première période face à La Chaux-de-Fonds où, là encore, ils s’étaient retrouvés menés 0-2 à la pause. Derrière l’immense opportunité laissée à Mobulu M’Futi, seul au point de penalty à la réception d’un corner, les Challensois ont bien été les plus dangereux sur le terrain pendant une bonne partie de la première mi-temps.

À deux reprises, c’est Alix Bahlouli qui a amené le danger dans la surface de Robin Enrico. Dans le même style, une fois côté droit, une fois côté gauche, le jeune attaquant se jouait de son défenseur avant de buter sur le petit filet extérieur dans un premier temps, puis sur le dernier rempart stadiste ensuite. Comme souvent, Echallens était au niveau, mais se retrouvait incapable de faire la différence.

Stéphan Cornu: «Il nous manque le côté suisse-allemand»

«La dernière fois qu’on s’est vu, après trois victoires d’affilée, je vous disais que j’étais fier de mes joueurs. Et bien, ce soir, après six défaites de suite, je peux dire que c’est encore le cas. Je suis clairement moins déçu qu’après certaines de nos dernières défaites. On a naturellement été un peu plus défensif aujourd’hui, l’adversaire l’obligeait, mais on a quand même joué au foot. Ce qu’il nous a manque? Ce côté suisse-allemand, cette rigueur. On ne l’a pas et cela nous coûte cher, encore ce soir… Et, disons le, la façon dont ont été distribués les cartons ne nous a certainement pas aidé». Bien qu’il ne discute pas une seconde la large victoire de Stade Lausanne, l’amertume de Stéphan Cornu est compréhensible.

Fabien Lacroix expulsé pour un tacle trop appuyé

Les cartons? Ce sont, notamment, celui de Robin Enrico, qui a vu jaune après avoir crocheté Alix Bahlouli déboulant seul face à lui, ou encore celui contre Fabien Lacroix, rouge cette fois-ci, après un tacle dangereux en seconde période. Deux fois pourtant, les décisions de l’arbitre étaient parfaites à nos sens. Bahlouli avait trop poussé son ballon pour espérer le récupérer et le glisser au fond et le tacle de Lacroix, dans le feu de l’action, était effectivement suffisamment appuyé pour mériter l’expulsion directement. Et si on comprend le coach challensois, c’est qu’il s’en est fallu d’un rien pour que cette rencontre prenne, peut-être, une toute autre tournure.

Laugeois et Kok avaient tout fait juste pour le 0-1

Un rien, ce sont ces faits de jeu, d’une part, puis c’est aussi ce penalty, totalement manqué par Aurélien Ziegler juste avant le thé. On doute qu’un 1-1, même à ce moment-là de match avec l’avantage psychologique d’avoir marqué peu avant le retour aux vestiaires, aurait changé grand chose au résultat final. Mais il aurait récompensé à leur juste valeur les efforts des locaux jusqu’ici, qui avaient parfaitement tenu tête à la machine Stade-Lausanne.Ouchy. Parfaitement à une exception près, celle de l’ouverture du score. Andy Laugeois, en deux touches de balle, libérait Sonny Kok. Seul dans la surface, ce dernier ne faisait pas dans la demi-mesure et envoyait un missile dans la lucarne de Léo Richard.

Pour repousser l’échéance, il aurait fallu un peu plus de rigueur dans l’arrière-garde du FCER, ou alors espérer qu’une de ses deux passes ratées, sur les 70 minutes qu’a joué l’implacable Andy Laugeois, arrive à ce moment précis… Mais lorsque ça compte vraiment, celui-ci ne manque pas!

Stade Lausanne est une véritable machine à gagner

On ne sait pas si les Lausannois ont été blessés dans leur orgueil après avoir frôlé l’égalisation, mais l’équipe qui est ressortie du vestiaire était encore plus impressionnante que celle qui y était rentrée. Du déchet dans le jeu? Pas sûr qu’ils savaient ce que cela signifie. Redoublements de passes rapides, appels en profondeur à la limite du hors-jeu et passes millimétrées dans le bon timing, provocations en un contre un et frappes enchaînées, gestes techniques d’une aisance brésilienne, on en passe et des meilleurs… Bref, le SLO s’est fait, ainsi qu’à une bonne partie de l’assistance, plaisir en seconde période. Il semble que la préparation pour les finales va bon train pour les hommes d’Andrea Binotto. Si l’on devait citer des noms? Les deux protagonistes du 0-1, Andy Laugeois et Sonny Kok, ont été impressionnants, de toutes les batailles. Mais l’impression qui nous revient avant tout, c’est que cette équipe est d’une complémentarité parfaite, forte à tous les niveaux et à tous les postes. Une véritable machine à gagner!

Axel Danner et Brice Ngindu ont salé l’addition

La preuve de la facilité des visiteurs après le thé? Les deux buts qui l’ont accompagné. Le 0-2 tombait comme un fruit mûr à la 62e. Ahmed Mejri au corner, Axel Danner à la réception,et  celui-ci, libéré de tout marquage, reprenait d’une volée du pied droit, juste sous la barre. C’était au moins aussi imparable pour le malheureux Léo Richard que l’ouverture du score. 
En supériorité numérique, Brice Ngindu (71e) donnait de l’allure au score, en poussant au fond un ballon qui traînait dans la surface, suite à un nouveau corner. Avec une telle maîtrise démontrée lors de leurs derniers matches, on va avoir de la peine à garder notre mal en patience avant de voir les stadistes à l’œuvre lors des finales.

Stéphan Cornu restera à la tête d’Echallens

Si la fin de saison promet d’être moins croustillante aux Trois-Sapins, avec un déplacement à Bavois puis la réception de Naters avant les vacances, le club a déjà annoncé qu’il renouvelait sa confiance en son coach actuel. Stéphan Cornu, arrivé cet hiver, pourra donc vivre son premier automne à la tête de l’équipe: «J’ai été appelé dans le bureau des dirigeants, il y a quelques jours, à la suite de nos quatre défaites de suite. Ils m’ont immédiatement demandé de rester pour une saison supplémentaire. Ça fait plaisir de constater qu’ils ne se sont pas arrêtés à cette série négative. J’entraînerai, donc, toujours Echallens la saison prochaine. Concernant les joueurs? Les entretiens vont bientôt commencer. De toute façon, la philosophie du club reste la même, on va essayer de garder un maximum de monde, tout en se renforçant un peu à côté quand même. Des noms? Ça ne saurait tarder, mais je ne peux rien dire pour le moment».

Un compte-rendu de Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Bavois-Echallens, samedi 21 mai à 16h aux Peupliers! Le même jour, à la même heure, le Stade recevra Martigny à… Echallens, puisque les installations de Vidy seront réquisitionnées par l’équipe nationale de Belgique.

FC Echallens Région – FC Stade-Lausanne-Ouchy 0-3 (0-0)

Buts: 18e Kok 0-1; 62e Danner 0-2; 71e Ngindu 0-3.

Stade des Trois-Sapins. 43e, Aurélien Ziegler manque un penalty.

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