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Ils étaient l’âme du club de Colovray, en tout cas une bonne partie. Ils étaient là depuis vingt ans, ou plus, à faire le boulot de l’ombre. De temps en temps un article dans le journal local venait souligner leur attachement au Stade Nyonnais, mais ils n’avaient pas besoin de cela pour être fiers du travail accompli. L’identité du Stade Nyonnais? Elle avait pour nom Ferdy Lamon, entraîneur des gardiens, Claude “Yéyé” Purro, soigneur et homme à tout faire, et Didier Verdon, intendant. Tous trois ont claqué la porte mardi soir, quelques heures après le licenciement de Bernardo Hernandez, entraîneur de la première équipe.

Des décennies au service du club

Ferdy Lamon, dont nous avions longuement parlé ici, entraînait les gardiens à Colovray depuis vingt ans, avec une seule parenthèse de trois ans à Meyrin (“Mais toujours en jaune et noir!”). “Yéyé” trimbalait ses gourdes et ses sprays pendant les matches depuis plus de quinze ans. “On s’est envoyés des messages mardi soir, tous allaient dans le même sens”, glisse Ferdy Lamon, dégoûté. Pas de volonté de polémique dans ses propos, juste la volonté de transmettre un message.

Le licenciement de Bernardo Hernandez, le déclencheur

“Ne me posez pas de questions sur le comité, je n’y répondrai pas. Ils ont été élu démocratiquement par une assemblée qui avait le pouvoir de dire non à ce moment-là. Vous n’aurez pas un mot de critique de ma part sur eux. Mais j’ai toujours dit une chose: si on touchait à un cheveu de Bernardo, je partais. J’ai toujours été clair.” Le licenciement soudain de l’entraîneur a donc été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, comme on dit. Dans la foulée, les trois “historiques” du club ont donné leur sac, tout comme José Brea, l’assistant de Bernardo Hernandez. “On l’a annoncé mardi soir et la lettre est partie mercredi matin, pour faire les choses en ordre”, explique Ferdy Lamon. Quatre démissions d’un coup, voilà qui ne va pas dans le bon sens pour le comité du club, qui ne pouvait cependant pas s’attendre à autre chose.

Une partie de l’histoire qui s’en va

Avec ces départs, le Stade Nyonnais a perdu une partie de son histoire, mais aussi un vrai potentiel humain. Qui mieux que ces hommes-là connaissait les recoins du stade, ses secrets, ses anecdotes? Qui mieux qu’eux pouvait accompagner les joueurs et faire le lien avec les partenaires, les sponsors, le public? Ces hommes-là étaient la dernière chose qui rattachait le Stade Nyonnais à son environnement. Ils ne sont plus là, il faudra faire sans, et cela s’annonce extrêmement compliqué.

Quelques mois sans football pour Ferdy Lamon?

“Mon coeur est jaune et noir et il le restera toujours. Je pars pour des raisons qui me sont propres et que vous pouvez aisément deviner, mais je ne veux que du bien au Stade Nyonnais. J’espère que le club va se maintenir et va aller mieux. Vous savez, je reçois énormément de téléphones depuis hier. Les gens veulent savoir pourquoi le club en est là et se disent prêts à nous aider. Mais là, c’est trop tard, il n’y a plus rien à faire. A moins qu’un millionnaire rachète tout, mais bon, j’ai encore les pieds sur terre, merci…”, continue Ferdy Lamon, qui veut s’octroyer quelques mois sans football.

“Il n’y avait aucun tricheur sur le terrain, aucun!”

“Ca va me faire bizarre de regarder “Le monde des otaries” sur Planète le samedi après-midi plutôt que d’aller au match, mais ma foi… Je ne veux pas m’impliquer tout de suite dans un club, même si évidemment je pourrais aller au FC Bursins-Rolle-Perroy avec mon frère Jean-Paul. On verra bien, Bernardo peut retrouver un club la semaine prochaine, dans un mois ou dans un an, je peux aussi faire autre chose. Ma carrière n’est pas finie, je suis confiant, et je ne veux pas m’engager ailleurs trop vite”, enchaîne-t-il, avant de souligner les mérites des joueurs qu’il vient de quitter. “C’était génial de travailler avec ce groupe. Bernardo avait réussi à créer un état d’esprit exceptionnel. Il n’y avait aucun tricheur sur le terrain, aucun! Il y avait une bise glaciale, aucun salaire qui tombe, et ils étaient tous les soirs 24 ou 25 à s’amuser, à chanter, à jouer au football… Il suffisait de lancer une balle sur le terrain et c’était parti. Cela explique les très bons résultats. Et au sein du staff, on a vécu des grandes choses, je vous promets.” Les souvenirs resteront à vie, c’est sûr.

Une pensée pour Viviane Freymond

Ferdy Lamon pense-t-il que des joueurs vont s’en aller? “Je ne sais pas. Ils ont une carrière à faire, besoin de se montrer, ils sont jeunes… Peut-être que certains vont partir, mais je n’en suis vraiment pas sûr et ce n’est pas à moi de leur dire quoi faire. De nouveau, tout ce que je souhaite, c’est que le Stade Nyonnais se sauve. A eux de le faire.” Sa dernière pensée du jour? Elle ira pour Viviane Freymond, présidente du club avant son décès soudain et l’arrivée du nouveau comité. “C’était une femme qui mettait l’humain avant tout. Il y avait des soucis financiers, mais elle se battait au quotidien pour le club et les joueurs. Elle a servi le club.” Alors que d’autres, plus près de nous, s’en sont servis? Le silence qui suit a valeur de réponse.

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