Grâce à ses talents avec le ballon, Lina Berrah s’envolera cet été pour Campbellsville qui se situe dans l’État du Kentucky, afin de combiner le football avec ses études. Footvaud conte cette jolie histoire.

Comme tout le monde peut s’en douter, tout a commencé autour d’un terrain de football. Lina, 6 ans, accompagnait son voisin qui jouait dans l’équipe d’Epalinges. Elle a assisté à l’entraînement et c’est là qu’intervient Jean-Marie Perret, entraîneur des F, une discussion qui changera la destinée de la jeune femme. « Je lui ai demandé si elle voulait jouer. Elle a accepté. Dès le deuxième entraînement, elle dribblait tout le monde », se remémore avec fierté l’actuel président du club des hauts de Lausanne.

Les premiers pas en Juniors F avec son entraîneur pendant de longues années, Jean-Marie Perret

L’entraîneur intègre Lina Berrah au sein de son équipe mixte. Elle fait rapidement ses preuves et épate dans un monde « masculin ». « Ils ont vite compris qu’ils pouvaient me donner le ballon, plaisante la jeune femme qui a fêté ses 18 ans le 31 janvier dernier. Ça s’est toujours très bien passé, il y avait du respect entre nous. » Le coach avait même mis en place une tactique dont la footballeuse était la pièce maîtresse. « Outre le côté sportif, ses coéquipiers étaient très respectueux, souffle Jean-Marie. Elle pouvait se changer avant eux, elle était vraiment considérée. »

Lina Berrah fait pahler sa vitesse avec le maillot du FC Epalinges

Jusqu’en juniors B1, elle est restée fidèle à son équipe. « Elle faisait encore la différence, explique son entraîneur qui a monté les échelons en compagnie de son attaquante. Bien évidemment que ce n’était pas facile au niveau physique, mais elle était affolante au niveau de la technique. Elle dribblait et faisait beaucoup de passes. » Avec l’âge qui avançait et la rentrée dans l’adolescence, le FC Epalinges a laissé partir sa vedette pour le Lausanne Nord Academy, dans une équipe entièrement féminine. Dès ses 16 ans, elle jouait en 2e ligue inter ou elle évoluait parfois sur les côtés parfois en pointe. Sa vitesse et sa capacité de drible font des merveilles.

« Je me sens prête à relever ce défi »

Le coup de foudre a donc eu lieu très jeune et le conte de fées se poursuit avec l’obtention de cette bourse au sein de l’Université de Campbellsville, dans l’État du Kentucky. Même si elle ne fait pas partie des plus prestigieuses écoles, Lina Berrah est prête à tout pour devenir professionnelle. « Je suis déjà à 4-5 entraînements avec Lausanne Nord Academy et 1 match par semaine. À côté j’étudie au Gymnase Auguste Picard (NDLR : elle n’est pas en section sport-études). Je me sens prête à relever ce défi ».

Partir aux États-Unis à 18 ans est une grande preuve de maturité, mais son choix restait quand même limité en Suisse afin de poursuivre ses études et espérer percer dans le monde professionnel. « Dans notre pays, le football pour les filles n’est pas encore une priorité, je trouve ça dommage. Devoir partir pour réaliser son rêve loin de sa famille et des amis est compliqué. Mais, je sais ce que je veux et j’aimerais un jour évoluer dans le championnat américain NWSL (NDLR Plus haute division féminine aux États-Unis). » La volonté de la jeune femme de jouer dans ce pays n’est pas due qu’au hasard. « La joueuse qui m’inspire le plus en ce moment sur et en dehors du terrain est Megan Rapinoe. » Pour rappel, l’internationale américaine, co-meilleure buteuse de la Coupe du Monde 2019 en France, est une virulente protestataire de la politique de Donald Trump.

Encourager les jeunes filles à pratiquer le foot

Lina Berrah qui a joué pendant près de 10 ans avec les garçons, a un message pour toutes les jeunes filles qui rêvent de devenir pros ou simplement de prendre du plaisir en compagnie de la gent masculine. « Ça peut paraître difficile vu de l’extérieur, mais j’ai vraiment apprécié ces années et je ne serai pas là où j’en suis sans cette expérience. Il faut persévérer. J’ai aussi eu de la chance d’être parfaitement entouré au niveau de l’équipe, mais également de l’encadrement. Ça été une déchirure de partir d’Epalinges, mais ça été bénéfique pour la suite », conclut-elle avec lucidité et conviction.

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