Souveraine, la troupe de Philippe Perret a fait preuve de solidité face un adversaire actuellement au creux de la vague. Maîtres du jeu, les Yverdonnois, qui – en l’absence d’Esteban Rossé suspendu – étaient disposés en 4-2-3-1, ont dû toutefois attendre la demi-heure avant de placer leur premier pion et d’enfin dérouler. Car avant cela, leur grosse domination n’avait pas été récompensée et il avait, au contraire, fallu deux arrêts monstrueux de l’excellent Ludovic Zwahlen (5e et 25e) pour éviter la douche froide contre une équipe clairement venue tenter sa chance en rupture.

YS décisif trois fois sur coup de pied arrêté

Incapables de tirer profit de leur insolente faculté à faire tourner le ballon jusqu’à la 31e, les Yverdonnois ont finalement trouvé leur salut dans un exercice qu’ils maîtrisent plutôt bien cette saison: les coups de pied arrêtés. Leur redoutable efficacité dans ce domaine leur a ainsi permis de marquer leurs trois premiers goals de la soirée dans l’exécution de cet exercice particulier. Efficace à souhait, le chef d’orchestre Aurélien Chappuis a gavé ses coéquipiers de bons ballons aériens. Sur corners, ses services ont permis aux défenseurs Babacar Dia et Adriano De Piero de punir les Fribourgeois avant la mi-temps. Puis, sur coup franc, le demi a permis au Sénégalais, toujours aussi impressionnant dans le jeu de tête, de classer l’affaire à la 68e.

«On entraîne les coups de pied arrêtés le vendredi et il est vrai que l’on se montre assez redoutables dans cet exercice. Mes coéquipiers sont très bons à la conclusion», a convenu un Aurélien Chappuis soucieux de ne pas trop tirer la couverture à lui. Et pourtant, la dextérité de l’ancien Montain dans cet exercice devrait l’autoriser à moins d’humilité.

Yverdon Sport monte en puissance

Tranchant et vainqueur de ses trois derniers matches, YS est incontestablement monté en puissance après son coup de mou du début d’automne. L’escouade chère au président Mario Di Pietrantonio semble en avoir terminé avec les réglages inhérents à la refonte quasi complète opérée dans son vestiaire cet été et semble promise à un avenir des plus radieux. Au sommet du classement pour la première fois de la saison, les hommes du chef-lieu du Jura Nord vaudois ont les moyens de ne pas s’arrêter en si bon chemin… D’autant plus que lors de la prochaine journée, Lancy se déplacera sur la pelouse de Stade Lausanne-Ouchy, les deux principaux rivaux des Yverdonnois pour l’accession aux finales de promotion.

Objectif: six points avant la trêve

«Après trois matches nuls décevants, on avait à coeur de se racheter. Là, on vient d’aligner trois succès, ce qui nous donne une moyenne de deux points par match. On parvient gentiment où on voulait arriver», a relevé le mathématicien Aurélien Chappuis après la rencontre. «La suite? Prendre encore six points avant la pause et bien passer l’hiver». Si le plan paraît simple, son exécution est clairement à la portée des Vert et Blanc, au vu de ce qu’ils ont démontré samedi soir. Désormais en quête d’excellence, il leur faudra juste éviter de se mettre inutilement en danger, comme ils l’ont fait en début de match. «C’est un peu toujours le même scénario, on fait le jeu et nos adversaires essaient de trouver des failles et se créent des quarts ou des demies occasions de porter le danger», a estimé Aurélien Chappuis, soudainement peut-être un peu présomptueux. Car sans l’intransigeance de Ludovic Zwahlen face à Yves Schlapbach et Ermin Gigic à 0-0, les Sarinois auraient sans doute pu faire douter les Yverdonnois. Qu’importe, il n’en a rien été. Et l’avenir semble plus que radieux pour un groupe sain et solidaire au service d’un duo d’entraîneurs (Philippe Perret et Robert Lüthi) dont les qualités ne sont plus à prouver.

Un compte-rendu de Marc Fragnière

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